Langue   

Il lavavetri

Il Parto delle Nuvole Pesanti


Langue: italien


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(Il Parto delle Nuvole Pesanti)


[2004]
Testo di De Siena
Musica di De Siena-Sirianni-Voltarelli
Lyrics by De Siena
Music by De Siena-Sirianni-Voltarelli
Album: "Il parto"

Scandale, 15 agosto 2008
Scandale, 15 agosto 2008
Con la spugna nella mano
E la schiuma nella spugna
Ha negli occhi il parabrezza
Di quell'auto che verrà
E poi se ne andrà
Appoggiato ad un muretto
Mette i sogni nel suo secchio
Si avvicina ai motori
Come un gatto si riscalda
E poi se ne va

E lava lava e lava lava
I vetri di quest'auto blu
Che adesso è ferma per il rosso
E fra un istante sarà già lontana da te

Lava i vetri ed è contento
Non si cura del tormento
Di un lavoro senza senso
Di quello che gli dice "nooo"
e poi se ne va
Ma lui viaggia con la testa
si rifugia nell'infanzia
quando ancora il futuro
era la felicità
la felicità

E si apre si apre il finestrino
E lentamente la manina
Fa cadere una monetina
Il primo euro per il lavavetri "olé"

Ma un violento ed improvviso
Temporale di stagione
Lava gli occhi al lavavetri
Gli sussurra cose strane
E poi se ne va

E lava lava e lava lava
Il cuore di quest'uomo in blu
Che adesso è appeso al privilegio
E tra un istante
Sarà già caduto "olé"

envoyé par daniela -k.d.- - 11/9/2009 - 14:30




Langue: français

Version française – LE LAVEUR DE VITRES – Marco Valdo M.I. – 2009

On le connaît tous celui-là qu'on voit dans les grands carrefours des villes et des faubourgs, perdu dans les flots absurdes des autos, qui comme les bancs de harengs s'en vont vers leur destruction. On la connaît de vue et de vue seulement, cette silhouette anonyme qui s'agite telle une marionnette dont un destin hésitant tire les fils.

Nous les ânes, nous les ânes, dit Lucien aux yeux de braise andalouse, on n'est pas du même bois d'acier et de plastique que leurs machines et nos yeux sont toujours brillants et se nettoient tous seuls, avec nos propres larmes.

Donc, Lucien mon ami, tu as raison, pour les autos, il y faut la main de l'homme. Les vitres des autos s'encrassent continuellement et s'emplissent de poussières et de toutes sortes d'insectes, de graisses... Et les essuieglaces n'en enlèvent qu'une partie, de sorte que seule la main et l'éponge peuvent en venir à bout. Mais vois-tu, à l'autre extrémité de la main, il y a le laveur de vitres. Un personnage des villes comme je te l'ai dit. Indispensable pour le bon ordre social, pour rappeler les écarts qui existent entre les humains du haut et les humains du bas de l'échelle. Que serait la richesse des nantis et des nés natifs, s'il n'y avait ce « laveur de vitres » pour rappeler qu'il y a des gens plus bas qui doivent faire n'importe quoi pour survivre. Des gens venus d'ailleurs, qui ont tout juste le choix de s'écraser et de dire merci. Tu vois Lucien, il y a vivre... la vie réservée à ceux qui en ont et … survivre, la survie à peine tolérée de ceux qui n'en ont pas. La guerre sociale est une guerre de tranchées et de carrefours. Vae victis !

Toujours, cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches mènent contre les pauvres... Tissons, tissons le linceul de ce vieux monde en putréfaction... et qui se traîne pouf, pouf...

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien l'âne.
LE LAVEUR DE VITRES

Avec son éponge à la main
Et la mousse dans son éponge
Il a dans les yeux le parebrise
De cette auto qui vient
Et puis s'en ira.
Appuyé à un muret,
Il met ses songes dans son seau
Il s'approche des moteurs
Comme un chat qui se réchauffe
Et puis s'en va.

Et il lave, lave, lave
Les vitres de cette auto bleue
Qui maintenant est arrêtée au rouge
Et dans un instant sera déjà loin de toi

Il lave les vitres et il est content
Il ne se soucie pas du tourment
D'un travail dépourvu de sens
De celui qui dit « Noonn! »
Et puis s'en va.
Mais lui, il voyage avec la tête
Il se réfugie dans son enfance
Quand le futur encore
Était le bonheur
Le bonheur.

Et s'ouvre, s'ouvre la fenêtre
Et lentement la petite main
Fait tomber une piécette
Le premier euro pour le laveur « Olé! »

Mais une violente et soudaine
Averse de saison
Lave les yeux du laveur
Lui susurre des choses étranges
Et puis s'en va.

Et il lave, lave, lave
Le cœur de cet homme en bleu
Qui maintenant est suspendu au privilège
Et dans un instant
Sera déjà tombé « Olé ».

envoyé par Marco Valdo M.I. - 13/9/2009 - 10:58




Langue: français

Version française – LE LAVEUR DE PAREBRISES – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Il lavavetri – Nuvole Pesanti – 2004
Texte de De Siena
Musique de De Siena-Sirianni-Voltarelli

laveur de pare-brise


Comme la chanson s’intitule « Le laveur de parebrises », il m’est venu à l’esprit l’idée qu’il fallait préciser en commençant que le laveur de parebrises, qu’il vaudrait mieux appeler le barbouilleur de parebrises, est de ces personnages de nos sociétés urbaines ; c’est une figure récente de l’imaginaire collectif.

Forcément, dit Lucien l’âne en riant, il n’y a pas si longtemps qu’il existe des parebrises automobiles.

Certes, reprend Marco Valdo M.I. ; donc, le laveur de parebrises surgit d’un coup devant les autos à l’arrêt au carrefour pendant la durée calibrée des feux de signalisation. Il se déroule alors une scène que raconte la chanson. D’un côté (du parebrise), l’automobiliste coincé à son volant dans son cocon d’acier et de verre, l’œil rivé sur le sémaphore et les pieds en suspension dans le vide au-dessus des pédales. Il est extrêmement concentré tant il ne pense qu’à ça. De l’autre côté du parebrise, juste en face de lui, le laveur de parebrises avec un torchon humide, une éponge, parfois une raclette, qui s’efforce de laver le parebrise et par cela-même, de forcer l’automobiliste à un petit geste de rétribution.L’ensemble est plutôt symbolique et rituel, car comme je l’ai déjà signalé, pour ce qui est de laver le parebrise, l’opération est généralement assez inefficace. Il y a là un moment de tension, dans la mesure où l’automobiliste n’a pas vraiment envie que l’on « nettoie » son parebrise.

En effet, dit Lucien l’âne, j’ai déjà assisté à de pareils affrontements, qui peuvent devenir très dramatiques, au moment où le feu passe au vert ; à ce moment, l’auto s’élance sans trop se préoccuper du laveur de parebrises. C’est un ballet mortel, un peu comme la tauromachie. Dan l’idéal, on peut imaginer que de tels moments pourraient être moins tendus si les automobilistes reprenaient leurs esprits.

Oui, Lucien l’âne mon ami, même furtif, ce serait un moment sympathique entre deux êtres humains et tout pourrait se présenter comme un instant de détente pour l’automobiliste et une rencontre conviviale avec le laveur. Un peu comme l’échange du matin avec le marchand de journaux, le garçon de café, la boulangère, le facteur, le chauffeur de bus, que sais-je encore. Mais là aussi, de nos jours, les choses finissent par se gâter. On parle d’heure, de ponctualité, de presse, de stress, de burn-out. Toutefois, outre qu’il entrave la marche de l’automobile, le laveur de parebrises est marqué d’un signe pire encore que tous les autres, il est auréolé de soupçon. Vois-tu, Lucien l’âne, les gens pensent : c’est un étranger, un immigré, un migrant, un clandestin peut-être, un sans-papiers, un sans domicile, à tout le moins, une sorte de mendiant. D’ailleurs, il ne travaille pas ; en tout cas, il n’exerce pas une profession respectable. Dès lors, on le méprise, on se méfie et que fait la police ? Dans la tête des automobilistes aux autos rutilantes, aux machines dont le prix nourrirait le laveur de parebrises pendant des années, ce n’est jamais qu’un de ces faquins des temps anciens. Pour un peu, ils l’assimileraient aux moustiques qui collent sur le parebrise de leur véhicule.

Oh, dit Lucien l’âne, je l’entends encore ce mot faquin qui avait tout l’air d’une apostrophe infamante, d’une insulte.

Cependant, continue Marco Valdo M.I., la chanson se place à un autre niveau. Elle raconte cette aventure urbaine du point de vue de l’acteur ; elle nous dévoile ce qui se passe pour le laveur, dans la tête du laveur. Si le but pour ce dernier est de décrocher un peu d’argent (Faut bien qu’il vive ! Olé !), cet objectif précis et immédiat de son action ne l’empêche pas de se garder à l’écart de ce jeu social, une zone de vie personnelle :

« Il voyage dans sa tête,
Il se réfugie dans son enfance
Quand alors encore son avenir
Était le bonheur.
Le bonheur ! »


C’est ce qui le sauve, comme ce recul hors du monde afin de se retrouver soi-même et de résister ainsi à la pression quotidienne sauve le prisonnier.

Tout comme nous le faisons nous aussi, les ânes quand on nous réduit aux travaux forcés, dit Lucien l’âne. Maintenant, voyons cette histoire singulière et puis, reprenons notre tâche volontaire et tissons le linceul de ce vieux monde inégal, inéquitable, injuste, méprisant, méprisable et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane
LE LAVEUR DE PAREBRISES

Avec dans la main l’éponge
Et la mousse dans l’éponge,
Il a dans les yeux le parebrise
De cette auto qui arrive
Et ensuite s’en ira.
Appuyé au poteau,
Il met ses rêves dans son seau.
Comme un chat, il s’approche
Du moteur et il se réchauffe
Et ensuite s’en va.

Et il lave lave et lave lave
Les vitres de cette voiture officielle
Qui maintenant est à l’arrêt au rouge
Et dans un instant sera déjà lointaine.

Il lave les vitres et il est content ;
Il n’a cure pour le moment
De ce travail idiot,
De celui qui fait « no »
Et ensuite va partir.
Il voyage dans sa tête,
Il se réfugie dans son enfance
Quand alors encore son avenir
Était le bonheur.
Le bonheur !

Et s’ouvre s’ouvre la fenêtre
Et lentement la main, petite
Fait tomber une pièce, petite
Premier euro du laveur de parebrises

Mais une violente et soudaine
Averse de saison est là,
Lave les yeux du laveur de parebrises,
Lui chuchote des choses étranges,
Et ensuite s’en va.

Et il lave lave et lave lave
Le cœur de cet homme en bleu
Accroché maintenant à ses privilèges
Et dans un instant ou deux,
Déjà sera tombé.
Olé !

envoyé par Marco Valdo M.I. - 4/11/2017 - 20:54


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