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La Statue tend le Bras

Marco Valdo M.I.
Langue: français




Tout bouge, tout s’écoule
Le temps, les jours, les ans,
Les lustres, les siècles déboulent,
Nulle chose ne reste comme avant.
Les vérités, les certitudes s’écroulent
S’effondrent les empires puissants.
Les anciens s’en vont, le sol s’effrite
Sur sa stèle, la vieille statue tend le bras,
Elle montre l’avenir du doigt.
Et dit le trouvère, comprend qui veut,
Demain est plein d’aléas
Et le Guide se fait vieux.

Salut, dit le Veilleur, je débarque
D’une région loin de la capitale
Et là aussi, la rumeur signale
Que la terre insensiblement craque.
Tout bouge, tout a augmenté :
Le prix des œufs, du lait, du pain.
De l’essence, de la vodka et du train.
Les revenus stagnent depuis deux étés
Où la guerre qui n’est pas a commencé.
Les manifs, les émeutes, les incendies,
Les gens veulent arrêter la gabegie.

Rien ne va plus. Faites vos jeux,
Pour leur pari, nos vies sont l’enjeu.
Et ce n’est pas tout, dit le pilote,
Sur mer, on a déjà perdu la flotte ;
Maintenant, nos avions tombent du ciel
Comme de vulgaires mouches à miel.
Dans les carcasses désintégrées, on ramasse
Ce qui reste de nos meilleurs aviateurs.
Et dit le soldat, plus le temps passe,
Plus augmentent les chances qu’on meure.
Il est temps de mettre fin à cette casse.
Chaque heure qui passe est un crève-cœur.

Ah, dit la Grand-Mère, les hommes résolus,
Les vrais compagnons des Filles d’Iran
Mettaient leur vie et leur pas dans leur rang.
Les vestales à la barbe dure les ont pendus.
À moi aussi, le temps me dure
De voir ces religieux bourreaux s’en aller
En troupeau, dans les divins déserts bêler.
Ils ont tué tant de filles, tant de jeunes gens.
De leurs malédictions, les filles n’ont cure :
Sous les tchadors, les yeux brillant de sang,
Pour elles, cheveux au vent, vivre leur nature
Est un dessein bien suffisant.



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