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L’Espion

Marco Valdo M.I.
Langue: français




Quelque temps plus tard, Simon dit à Till.
Écoute, frère, as-tu du courage ?
À revendre, pourquoi en faut-il ?
Pour que liberté revive en nos parages.

Que faut-il faire, dès lors ?
Secrètement, dans une cheminée,
Écouter, entendre, faire rapport
De ce qui se dira en une assemblée.

J’ai patience et mémoire,
J’ai la souplesse des chats,
Une cheminée ? Je n’ai pas peur du noir.
Je ferai ce qu’il faudra.

Alors, frère, dit Praet l’imprimeur,
Au plus tôt, à Termonde, tu iras
Porter cet as de cœur
En la maison dessinée là.

À la ronde porte, tu frapperas trois fois.
On te demandera : « Es-tu le fossoyeur ? »
Tu répondras : « Je suis le ramoneur »
Et l’as de cœur, tu montreras.

La cheminée est déjà prête là-bas.
Nettoyée, balayée, préparée,
De crampons pour tes pieds équipée,
Elle n’attend plus que toi.

Au premier jour du mois,
Till se cacha dans la cheminée
Pour espionner l’assemblée
Des plus hauts nobles des Pays-Bas.

Étaient de la réunion :
Guillaume, prince d’Orange, dit le Taiseux,
Les Comtes Hoogstraeten, Hornes et Egmont
Et Louis de Nassau, frère du Taiseux.

Le Taiseux dit : « Les Pays sont en danger ;
Il est de notre devoir et c’est notre droit
De les sauver d’une armée de l’étranger,
Une armée qui est déjà là. »

Dans la cheminée, au-dessus du feu de bois
Allumé pour le froid et qui ne prend pas,
Corbeau silencieux, Till se tient coi.
En bas, acerbe, continue le débat.



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