Lingua   

Verdun

A. Guiducci
Lingua: Francese



Paroles de A. Guiducci (1920)
Musique et interprétation de Jacques Culioli

On ne sait pas grand chose de A. Guiducci.
Il a écrit "Verdun" à Ajaccio en 1920.
Ce poème est chanté aujourd'hui par un chanteur corse Jacques Culioli

On peut trouver ici le texte, les accords de guitare, les vidéos de l'interprétation de Culioli qui est magnifique.
J'ai vu pendant trois ans tomber les feuilles mortes
Sur la tombe entr'ouverte, ou dans le trou béant
J'ai vu lutter la vie avec le noir néant
Et du Kaiser grouiller les immondes cohortes...

Verdun ! Parmi tes forts dans la Woëvre lointaine
Dans tes ravins maudits et sur tes verts coteaux
Quand l'astre d'or coulait sur toi sa chaude haleine
J'ai vu sur nos soldats planer de vils corbeaux

J'ai vu les noirs obus foudroyer tes domaines
J'ai vu, quand la nuit l'ombre couvrait tes plaines
Nos soldats s'élancer à l'assaut en chantant.
J'ai vu le feu léchant des ruines, des poussières
J'ai vu la mort peupler de vastes cimetières
Et bien des front rougir par son sceptre sanglant.

J'ai vu tes arbres morts dressant au ciel immense
Leurs moignons suppliants, leurs tronçons mutilés.
Et quand le vent du nord, en ces lieux désolés,
Complétait ses forfaits, brisait leur résistance,

J'ai vu leurs troncs maudits secoués de frissons
Et leurs bras calcinés, faits de branches tremblantes
Tressaillir tristement, clamer leur épouvante...
Et j'entendais souvent gémir les noirs buissons

Et puis parfois aussi, dans l'humide tranchée
S'écroulant sous l'acier des engins monstrueux
Quant au corps pantelant, l'âme semble arrachée
J'ai vu des bras humains se dresser vers les cieux !

J'ai vu des compagnies hâves et décharnées
S'incliner à genoux dans la plaine ou le bois
J'ai vu courber leurs fronts devant une humble croix
Alors que jaillissaient en leurs lèvres fanées
Des paroles de foi ! J'ai vu cela, tandis
Que des obus venant des horizons maudits
Affluaient sans répit de violentes rafales
Tandis que quelque part, des appels et des râles
Vibraient plaintivement dans le bruit infernal.

Maintenant se sont tus les sanglots importuns
Des funestes canons vomissant la mitraille,
Mais je verrai toujours, éclairant la bataille
Les tragiques lueurs de ton ciel, O Verdun !

inviata da Jean Giovanazzi - 17/7/2015 - 15:41



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