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Legende vom toten Soldaten

Bertolt Brecht
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Version française – LA LÉGENDE DU SOLDAT MORT – Marco Valdo M.I. ...
LA LEGGENDA DEL SOLDATO MORTO

C'era speranza di pace
la guerra era sempre li
il nostro soldato decise
di morire da eroe, e morì

Ma il Kaiser la prese assai male
e disse "così non va,
morire con tanto anticipo
è un atto di viltà"

E mentre l'estate sfioriva
il corpo sottoterra
il Kaiser pensò di arruolarlo
per rispedirlo in guerra

Riuniti in commissione
tre della sanità
dissotterraron le ossa
che marcivan già

I medici lo visitarono
come se fosse vivo
e dissero "Bah, non ha niente"
è solo un lavativo

Gli dissero "alzati in piedi"
Il cielo era tutto blu
Senz'occhi il soldato alzò il viso
e vide le stelle lassù

Gli versarono un poco di grappa
sulla salma imputridita
lo affidarono a due infermiere
e ad una donna un pò svestita

E un prete davanti al turibolo
e mirra e incenso fumanti
perchè tanta puzza non turbi
il naso degli astanti

E in testa la banda
con trombe e tamburi
e piatti e cindarara
E il bravo soldato che marcia
un due eh - un due eh
avanti marsc!

Fraterni lo reggon due medici
marciando con lui se no
nel fango senz'altro cadrebbe
e il Kaiser direbbe "Ma no!"

Dipinto hanno il sudario
trovato al cimitero
Adesso è un tricolore
bianco rosso e nero

Davanti a tutti un signore in frak
dall'aria assai perbene
che sa che alla cerimonie
si va vestiti bene

Per tutte le strade di notte
con trombe tamburi e cindarara
barcolla il soldato ma batte
il passo ogni colpo di cindarara

i cani, i gatti, i somari
accorrono a sentire
parola d'ordine anche per loro
è vincere o morire

S'affaccian le donne ai balconi
tra fior di geranio e lillà.
Risplende in cielo la luna
e tutti gridano urrà

E il chiasso dei pianti e i saluti
il prete e la banda stonata
E in mezzo il cadavere in armi
come una scimmia drogata

Traversa il soldato i villaggi
ma vederlo nessun ce la fa
Tanti gli stanno dattorno
con le trombe i tamburi e gli urrà

Gli ballan gli cantano addosso
ma lui non si vede già più
son forse le stelle a vederlo
che brillano in cielo lassù

Poi anche le stelle svaniscono
e il cielo comincia a schiarire
e il bravo soldato ora è pronto
per l'ultima volta a morire.‎
LA LÉGENDE DU SOLDAT MORT

On en était au cinquième printemps
Aucun espoir de paix devant
Le soldat conclut le propos
Et mourut de la mort du héros.

La guerre n'était pourtant pas finie encore
Il ne plaisait pas au Kaiser,
Que son soldat fut mort :
Il lui semblait qu'il était bien trop vert.

L'été s'étala sur les tombes
Et le soldat dormait comme une bombe.
Quand arriva dans la nuit estivale
Une commission militaire médicale

La commission s'installa
Au-dedans du cimetière.
Et d'une pelle consacrée sortit de terre
Le malheureux soldat.

Le Docteur examina le soldat
Ou du moins, ce qui restait de celui-là.
Le Docteur trouva le soldat en parfait état
Et il le déclara bon pour le combat.

Ils emmenèrent le soldat fantasque
La nuit était belle et bleuie
On peut, quand on ne porte pas de casque,
Voir les étoiles de la patrie.

Ils versèrent un schnaps d'enfer
Dans son corps putréfié
Et à son bras, ils mirent deux infirmiers
Et une femme au majestueux derrière.

Le soldat puait la rage ou même, pire,
Alors, on vit boiter un curé tout noir
Qui balançait au-dessus de lui un encensoir
Pour qu'on ne puisse rien sentir.

Devant la musique et les grosses caisses
Jouait une marche militaire.
Et le soldat, comme il avait appris à le faire,
Levait les jambes jusqu'à ses fesses.

En le tenant fraternellement par le bras
Les deux infirmiers marchaient au pas.
Sans eux, dans la boue, il retomberait déjà
Et cela ne se peut pas.

Ils enduisirent son suaire
De rouge de blanc de noir
Et ainsi, ils l'emmenèrent
Sous les couleurs, la saleté s'égare.

Un monsieur en frac marchait devant
Avec sa poitrine amidonnée
Il se tenait comme un vrai Allemand
Conscient de devoir assumer.

Ils passèrent ainsi avec les grosses caisses
Ils s'engagèrent sur la route sombre
Et le soldat balançait son ivresse
Comme les flocons dans l'ombre.

Les chats et les chiens crient,
Les rats des champs sifflent sauvagement
Ils ne veulent pas être français
Car c'est un un avilissement

Et quand ils traversent les hameaux,
Toutes les femmes sont là.
La Lune brille. Les arbres font les beaux
Et tous crient Hourra !

Avec les caisses et les au revoir
Et les femmes et les chiens et le curé !
Et tout au milieu le soldat mort
Comme un singe bourré.

Et quand ils traversent les hameaux,
Personne ne peut le voir
Tant ils sont autour du héros
Avec les caisses, les hourras et l'encensoir.

Tant à brailler et danser autour du héros
Qu'on ne le voit pas.
Peut-être le verrait-on de haut
Où les étoiles brillent déjà.

Mais les étoiles ne sont plus là,
Voici l'aurore
Alors, comme il a appris à le faire, le soldat,
Se redresse en héros mort.


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