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Le roi Renaud [La mort du roi Renaud; Quand Renaud de guerre revint]

anonimo
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OriginaleVersione polacca di Jacek Kowalski
LE ROI RENAUD [LA MORT DU ROI RENAUD; QUAND RENAUD DE GUERRE REVINT]

Le roi Renaud de guerre vint
tenant ses tripes dans ses mains.
Sa mère était sur le créneau
qui vit venir son fils Renaud.

- Renaud, Renaud, réjouis-toi!
Ta femme est accouché d'un roi!
- Ni de ma femme ni du fils
je ne saurais me réjouir.

Allez ma mère, allez devant,
faites-moi faire un beau lit blanc.
Guère de temps n'y resterai:
à la minuit trépasserai.

Mais faites-le moi faire ici-bas
que l'accouchée n'l'entende pas.
Et quand ce vint sur la minuit,
le roi Renaud rendit l'esprit..

Il ne fut pas le matin jour
tous les valets pleuraient très tous.
Il ne fut temps de déjeuner
que les servantes ont pleuré.

- Mais dites-moi, mère, m'amie,
que pleurent nos valets ici ?
- Ma fille, en lavant nos chevaux
ont laissé noyer le plus beau.

- Oh pourquoi donc, mère m'amie,
pour un cheval pleurer ainsi ?
Quand Renaud reviendra,
plus beaux chevaux ramènera.

- Et dites-moi, mère m'amie,
que pleurent nos servantes ici ?
- Ma fille, en lavant nos linceuls [1]
ont laissé aller le plus neuf.

- Oh pourquoi donc, mère m'amie,
pour un linceul pleurer ainsi ?
Quand Renaud reviendra,
plus beau linceul ramènera.

- Ah, dites-moi, mère m'amie,
Qu'est-ce que j'entends cogner ici ?
- Ma fille, ce sont les charpentiers
Qui raccommodent le plancher.

- Ah ! Dites-moi, mère m'amie,
Pourquoi les cloches sonnent ici ?
- Ma fille, c'est la procession
Qui sort pour les rogations. [2]

- Mais, dites-moi, mère m'amie,
C'est que j'entends chanter ici ?
- Ma fille, c'est la procession
Qui fait le tour de la maison.

Or quand ce fut passé huit jours,
A voulut faire ses atours.
Or, quand ce fut pour relever,
à la messe elle voulut aller,

- Mais dites-moi, mère m'amie,
quel habit mettrai-je aujourd'hui ?
- Mettez le blanc, mettez le gris,
mettez le noir pour mieux choisir. [3]

- Mais dites-moi, mère m'amie,
qu'est-ce que ce noir-là signifie
- A femme relèvant d'enfant,
le noir lui est bien plus séant. [4] [5]

Mais quand elles fut parmi les champs,
Trois pastoureaux allaient disant :
- Voici la femme du seignour [6]
Que l'on enterra l'autre jour !

- Ah ! Dites-moi, mère m'amie,
Que disent ces pastoureaux-ci ?
- Il disent de presser le pas,
Ou que la messe n'aura pas.

Or quand elle fut dans l'église entrée,
un cierge on lui a présenté.
Aperçoit en s'agenouillant
la terre fraîche sous son banc.

- Ah ! Dites-moi, mère m'amie,
pourquoi la terre est rafraîchie?
- Ma fille, ne puis plus vous celer, [7]
Renaud est mort et enterré.

Puisque le roi Renaud est mort,
voici la clé de mon trésor.
Voici mes bagues et mes joyaux,
prenez bien soin du fils Renaud.

Terre, ouvre-toi, terre fends-toi,
que j'aille avec Renaud, mon roi!
Terre s'ouvrit, et se fendit,
et ci fut la belle engloutie.
KRÓL RENO

Powracał z wojny król Reno,
Wnętrzności dzierżał ręką swą,
Ujrzała matka z murów go,
Jak wracał syn jej król Reno.

Reno, Reno, rozwesel się,
Powiła żona dziecię twe,
Ni żona ma, ni dziecię me
Już nigdy nie ucieszą mnie.

Do domu matko moja idź,
Niech białe łoże ścielą mi,
Bo nim przeminie północ to
Wyzionie ducha król Reno.

Pościelcie mi na dole tu,
Bym żonie nie przerywał snu
I nim minęła północ to
Wyzionął ducha król Reno.

Zabłysło ledwie światło dnia,
Służący uderzyli w płacz,
A gdy śniadanie miano dać,
Służące rozpoczęły łkać.

Ach, matko, matko, powiedz mi
Po kim to płaczą ludzie ci,
To moje dziecko zginął koń,
U wodopoju runął koń.

Ach, po cóż, po cóż, matko ma
Po jednym koniu płakać tak,
Gdy wróci z wojny król Reno
Przywiezie mi piękniejszych sto.

Ach, matko ma, na miły Bóg,
Dlaczego młota słyszę stuk,
To moje dziecko cieśle dwaj
Podłogę nową robią nam.

I wreszcie zdrowa była tak,
Że z łoża zapragnęła wstać,
A jak minęło osiem dni
To do kościoła chciała iść.

I weszła do kościoła, gdzie
Płonącą świecę dano jej,
Uklękła i u swoich stóp
Ujrzała w ziemi świeży grób.

O matko, cóż ten znaczy grób,
Który ujrzałam u mych stóp,
Nie zmilczę więcej córko to
Tu pochowany jest Reno.

O ziemio, ziemio, rozstąp się
I z moim królem pochłoń mnie,
Ziemia się rozstąpiła w głąb
I z królem pochłonęła ją.
NOTE al testo originale
NOTES au texte original

(da/d'après cette page)

[1] linceul : drap dans lequel on enterrait les morts mais auparavant un grand drap de toile, ce qui explique la broderie (on brode rarement un linceul !)

[2] rogations : prières publiques et processions faites pendant les trois jours qui précédaient l'Ascension, pour attirer sur les champs la bénédiction du Ciel.

[3] relevailles : le sang était impur aussi une femme ayant accouchée devait accomplir certains rites à l'église pour se purifier, elle relevait de couches (la même exclusion frappait les femmes lors des règles) - inutile de dire que la position de l'Eglise a énormément évoluée et changée !

[4] rime gris/choisir : en ancien français, ça rimait !

[5] séant : décent, convenable.

[6] seignour : forme locale et ancienne de seigneur (conservée ici sans doute pour la rime).

[7] celer : cacher, taire.

Une dernière remarque : on n'enterrait guère dans les églises que des hauts prélats, des moines et des seigneurs (par la suite des bourgeois riches). Comme l'église doit être celle du village qui dépend du château (à moins qu'il ne s'agisse de la chapelle du château) la demande de la femme de Renaud a quelque chose d'incongru, car normalement elle doit se douter de la réponse.


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