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C'era

Ugo Mazzei
Lingua: Italiano

Lista delle versioni e commenti


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2012
Adieu Shangri-la

Adieu Shangri-la

Il rock pop non banale è evidente in C’era, in cui il riff leggero ed il ritornello quasi lirico realizza un eccellente equilibrio con il testo, che tratta invece di un incidente navale con relativa catastrofe ambientale e personale dei protagonisti.

Ugo Mazzei, Adieu Shangri-la - Mescalina
C'era
In una terra straniera
Sopra una petroliera
C'era una nuvola nera
Ed il vento soffiava
Mentre il mare spingeva
Il comandante dormiva ancora

C'era
C'era la sola paura
Di ritrovarsi sul ponte
Intossicati dall'aria scura
Che già si respirava
E l'equipaggio fuggiva
E c'era chi si tuffava allora

Ma ti ricordi che partimmo da New York
Il timoniere fece rotta verso nord
Coi nostri sogni nelle tasche dei paltò
In mezzo al mare si può
In mezzo al mare si può

C'era
Del fumo fino in coperta
E la speranza era morta
Di ritrovare la strada giusta
Forse, forse se aprissi la porta
Andresti incontro a una vita storta

Ma ti ricordi che attraccammo a Capo Horn
Quando la donna della pioggia disse: "No
Io con due zingari del mare non ci sto"
E nella nebbia volò

E abbandonammo le case, le mogli, anche i sogni
E poi sparimmo per due anni in mezzo al mare
E ci affidammo alle stelle, ai sospiri e ai tramonti
Per vedere i loro visi dentro al cuore
Poi ci asciugammo le lacrime al vento
Ci avvelenammo di petrolio e di piombo
Ed affondammo in quel solo momento

C'era
L'ombra di una petroliera
Che in fondo al mare scendeva
In una terra straniera
Ed il vento soffiava
Mentre il sole splendeva
Tutto lì intorno bruciava ancora

Ma ti ricordi che una nave ci salvò
E quando il mare tutt'a un tratto si calmò
Un raggio di sole i nostri visi illuminò
Non lo dimenticherò

C'era...

inviata da Alberto Scotti - 16/2/2021 - 16:25



Lingua: Francese

Version française – IL Y AVAIT – Marco Valdo M.I. – 2020
Chanson italienne – C’era – Ugo Mazzei – 2012

Dialogue maïeutique

San Demetrio - une peinture de Norman Wilkinson - 1940


« Il y avait », dit Marco Valdo M.I., raconte le rêve ou le cauchemar ou plutôt, le songe épouvanté d’un marin qui se souvient dans ses nuits, qui par intermittences se répètent, du dernier voyage d’un pétrolier sur lequel il avait embarqué à New York et qui filait vers le grand Nord. Le marin et l’équipage faillirent y rester ; le pétrolier y resta, au fond. Je dis tout de suite qu’on ne saura jamais qui était le marin, qui était le capitaine, ni le nom du pétrolier. Peut-être, ce pétrolier (ce marin, ce capitaine également) est-il la mémoire de tant de navires (de marins, de capitaines) qui se sont perdus dans les eaux lointaines ? Qui sait et combien furent-ils ? Victor Hugo (Oceano Nox) se posait la même question :

« Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis ! »

Je me disais bien, s’exclame Lucien l’âne, que ça me rappelait quelque chose, cette histoire de marins et de capitaines. De toute façon, « combien ? », on ne le saura jamais et puis, le compte augmente tous les jours. Mais, il y a quand même quand un pétrolier périt en mer que les pétroliers salissent les côtes de leur sang noir et de ce liquide gluant tuent pour un très long temps toute la vie du bord de mer. En plus, ces réservoirs flottants sont des cibles énormes, facilement repérables et des proies de choix dans les guerres, grandes ou petites soient-elles. Sans compter les pirates des mers qui s’en emparent pour les négocier auprès des pirates des terres contre d’incalculables rançons. Ces histoires de pétrole sont de perpétuelles extorsions de fonds.

De fait, dit Marco Valdo M.I., ce sont là des épisodes particulièrement polluants de La Guerre de Cent mille ans, vue dans un de ses aspects discret et récurrent. Ces barges gigantissimes que sont les pétroliers sont visées à plusieurs titres : comme transporteurs, comme masse de pétrole, comme maillon essentiel de l’approvisionnement de la civilisation carbonée. Essaye d’imaginer un instant qu’on arrête d’importer le pétrole…

Ce serait un fameux foutoir, dit Lucien l’âne, pire encore qu’une pandémie comme on en connaît une actuellement et puis, il y aurait une de ces guerres. Et si je me souviens bien, ça s’est déjà produit. De l’épouvante partout et puis, il faudrait d’urgence réduire la voilure ; enfin, je veux dire, changer de mode de vie, accéder à une certaine modestie, rationner tout et si ça dure, changer carrément de façon de vivre. À la longue, on s’y ferait à vivre autrement. Moi, par exemple, je m’y ferais sans grandes difficultés ; d’ailleurs, j’ai connu longtemps un monde sans pétrole ; ça ne marchait pas trop mal. Évidemment, il y avait moins de monde et aussi, beaucoup moins de choses. Cependant, y revenir brutalement serait quand même une fameuse épreuve. Cependant, tu as raison, on a connu des guerres pour moins que ça.

Finalement, reprend Marco Valdo M.I., à penser à tout ce grand chambardement (Le grand chambardement), la catastrophe que raconte la chanson me paraît soudain être une parabole, dotée d’une fin des plus optimiste. Et pourquoi pas ? Personne ne peut présager de ce qui adviendra.

Oui, dit Lucien l’âne, ça laisse de la place au rêve au-delà du cauchemar. Allons, tissons le linceul de ce vieux monde carboné, pétrolisé, militarisé, éruptif, éructant et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
IL Y AVAIT

Dans un pays étranger,
Au-dessus d’un pétrolier,
Il y avait,
Il y avait un nuage sombre,
Le vent soufflait
Et la mer poussait
Et le capitaine dormait encore.

Il y avait
Seulement la peur de se trouver
Sur le pont, intoxiqués
Par cet air obscur et secret,
Cet air qu’on respirait,
Et puis, l’équipage fuyait
Et puis, plongeait.

Souvenez-vous de New York, alors,
Le timonier prit la route vers le nord,
Avec nos rêves fiers.
Avec nos rêves à bord,
On pouvait naviguer sur les mers.

On avait,
On avait la fumée en escorte
Et l’espérance était morte
De retrouver le bon chemin, mais
Peut-être, que si on ouvrait la porte,
On aurait une vie tordue, à jamais.

Souvenez-vous au Cap Horn, on accosta
Et la dame de la pluie dit : « Nenni,
Je n’irai pas avec ces deux bandits »
Et dans la brume, s’envola.

Et on abandonna nos femmes, nos rêves, nos maisons,
Et en mer, pendant les deux ans de ce voyage,
On se fia aux étoiles, aux soupirs et aux horizons
Pour chercher dans nos cœurs leurs visages.
Puis, on sécha nos larmes dans le vent,
On s’empoisonna de pétrole et de plomb
Et on coula dans cet océan.

Il y avait
L’ombre d’un pétrolier
Qui sur la mer dérivait
Vers des fonds étrangers,
Et le vent soufflait,
Le soleil brillait,
Et autour, tout brûlait.

Souvenez-vous, un navire nous sauva,
La mer soudain s’apaisa,
Un rayon de soleil nous illumina.
Je n’oublierai jamais.
Il y avait…

inviata da Marco Valdo M.I. - 1/3/2021 - 18:44



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