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Canto dei morti invano

Primo Levi


Langue: italien


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(Primo Levi)
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‎[14 gennaio 1985]‎
da “Ad ora incerta, ora in Idem”, in “Opere”, Einaudi, Torino 1997, vol. II, a cura di Marco ‎Belpoliti
Musica del compositore spagnolo Luis de Pablo ‎Costales, secondo movimento dell’opera per orchestra e coro maschile intitolata “Passio” (2006), ‎basata su testi di Primo levi e dedicata alla memoria di ‎‎Antonio José, compositore originario di ‎Burgos, fucilato dai franchisti nel 1936.

Passio, Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI diretta da Gianandrea ‎Noseda e coro maschile del Teatro Regio di Torino diretto da Claudio Marino Moretti, Georg Nigl ‎‎(baritono e recitante), Roberto Balconi (controtenore).‎
Passio, Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI diretta da Gianandrea ‎Noseda e coro maschile del Teatro Regio di Torino diretto da Claudio Marino Moretti, Georg Nigl ‎‎(baritono e recitante), Roberto Balconi (controtenore).‎


Sedete e contrattate
A vostra voglia, vecchie volpi argentate.
Vi mureremo in un palazzo splendido
Con cibo, vino, buoni letti e buon fuoco
Purchè trattiate e contrattiate
Le vite dei vostri figli e le vostre.
Che tutta la sapienza del creato
Converga a benedire le vostre menti
E vi guidi nel labirinto.
Ma fuori al freddo vi aspetteremo noi,
L'esercito dei morti invano,
Noi della Marna e di Montecassino
Di Treblinka, di Dresda e di Hiroshima:
E saranno con noi
I lebbrosi e i tracomatosi,
Gli scomparsi di Buenos Aires,
I morti di Cambogia e i morituri d'Etiopia,
I patteggiati di Praga,
Gli esangui di Calcutta,
Gl'innocenti straziati a Bologna.
Guai a voi se uscirete discordi:
Sarete stretti dal nostro abbraccio.
Siamo invincibili perchè siamo i vinti.
Invulnerabili perchè già spenti:
Noi ridiamo dei vostri missili.
Sedete e contrattate
Finchè la lingua vi si secchi:
Se dureranno il danno e la vergogna
Vi annegheremo nella nostra putredine.‎
Note:‎

‎- “Noi della Marna e di Montecassino”: con riferimento alla prima (settembre 1914) e seconda ‎‎(luglio/agosto 1918) battaglia della Marna. Il bilancio complessivo fu di quasi 800.000 perdite tra ‎morti e feriti.‎
A Montecassino, invece, tra il gennaio ed il maggio del 1944 le forze alleate combatterono diverse ‎battaglie contro quelle nazifasciste. Il bilancio fu anche qui gravissimo, circa 150.000 morti dei ‎quali 90.000 facevano tutti parte della Quinta Armata USA.‎

‎- “noi… di Treblinka, di Dresda e di Hiroshima: con riferimento ad un villaggio a nord est di ‎Varsavia dove i nazisti nel 1942 costruirono uno dei più famigerati campi di sterminio; a ‎‎Dresda i bombardamenti alleati ‎del 13 e 14 febbraio 1945 causarono tra i 25.000 e i 35.000 morti, la città fu rasa al suolo; quanto a ‎‎Hiroshima…‎

‎- “E saranno con noi i lebbrosi e i tracomatosi”: lebbra e tracoma (entrambe malattie da infezioni ‎batteriche, la prima colpisce la pelle e le terminazioni nervose periferiche, il secondo gli occhi) sono ‎due flagelli tipici delle aree più povere del mondo. Mentre la lebbra è stata combattuta abbastanza ‎efficacemente negli ultimi decenni, il tracoma invece colpisce ancora decine di milioni di persone, ‎soprattutto bambini.‎

‎- “…Gli scomparsi di Buenos Aires”

‎- “…I morti di Cambogia”

‎- “… e i morituri d'Etiopia”

‎- “I patteggiati di Praga”

‎- “Gli esangui di Calcutta”

‎- “Gl'innocenti straziati a ‎Bologna”

envoyé par Dead End - 25/7/2012 - 10:06




Langue: anglais

Traduzione inglese come compare stampata sulla copertina dell’album dei Manic Street Preachers‎ intitolato “Gold Against the Soul” (1993)‎

Gold Against the Soul‎<br />

SONG OF THOSE WHO DIED IN VAIN

Sit down and bargain
All you like grizzled old foxes
We'll wall you up in a splendid palace
With food, wine, good beds and a good fire
Provided that you discuss, negotiate
For our and your children's lives
May all the wisedom of the universe
Converge to bless your minds
And guide you in the maze
But outside in the cold we will be waiting for you
The army of those who died in vain
We of the Marne, of Montecassino
Treblinka, Dresden and Hiroshima
And with us will be
The leprous and the people with trachoma
The disappeared ones of Buenos Aires
Dead Cambodians and dying Ethiopians
The Prague negotiatiors
The bled dry of Calcutta
The innocents slaughtered in Bologna
Heaven help you if you come out disagreeing
You'll be clutched tight in our embrace
We are invincible because we are the conquered
Invulnerable because already dead
We laugh at your missiles
Sit down and bargain
Until your tongues are dry
If the havoc and the shame continue
We'll drown you in our putrefaction‎

envoyé par Dead End - 25/7/2012 - 10:07




Langue: espagnol

Traduzione spagnola da Palabra Traicionada
LA CANCIÓN DE LOS QUE MURIERON EN VANO

Sentaros y negociad
Todo lo queráis, viejos zorros decrépitos.
Os empaderaremos en un espléndido palacio
Con comida, vino, buenas camas y un buen fuego
A condición de que discutáis, negociéis
Por las vidas de nuestros y vuestros hijos.
Quizá toda la sabiduría del universo
Se una para bendecir vuestras mentes
Y os guíe en el laberinto.
Pero fuera os estaremos esperando agazapados,
El ejército de aquellos que murieron en vano,
Nosotros los de Marne, los de Montecassino,
Treblinka, Dresden y Hiroshima.
Y con nosotros estarán
Los leprosos y los afectados con trachoma,
Los desaparecidos de Buenos Aires,
Los camboyanos muertos y los moribundos etíopes,
Los negociadores de Praga,
Los exprimidos de Calcuta,
Los inocentes masacrados en Bolonia.
Que el cielo os ayude si volvéis sin un acuerdo:
Seréis atrapados sin remedio por nuestros brazos.
Somos invencibles porque somos los conquistados,
Invulnerables porque ya estamos muertos;
Nos reímos de vuestros misiles.
Sentaros y negociad
Hasta que vuestras lenguas se queden secas.
Si la confusión y la vergüenza continuan
Os ahogaremos en vuestra putrefacción

envoyé par Dead End - 25/7/2012 - 13:08




Langue: français

Version française – CHANT DES MORTS EN VAIN – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Canto dei morti invano – Primo Levi – 1985

morts en vain


Il y a là des accents d’ode, des accents et des réminiscences de poésie lapidaire et peut-être même, une volontaire parenté avec l’Ode à Kesselring Lo avrai camerata Kesselring de Piero Calamandrei. Cette armée des morts en vain est de la même famille, du même peuple que celui de Lo avrai qui attend l’envahisseur aux bords des chemins.

« Si tu voulais un jour revenir sur ces routes
tu nous trouverais à nos postes
morts et vivants avec le même engagement
peuple serré autour du monument
qui s’appelle
aujourd’hui et pour toujours
RÉSISTANCE ! »


Dis-moi, Marco Valdo M.I., mon ami, dis-moi avant d’aller plus avant : ce peuple qui parle dans cette canzone de Primo Levi, ce peuple quel est-il ? Cette armée de morts en vain, quelle est-elle ?
Elle est longuement décrite et énumérée dans la chanson, Lucien l’âne mon ami. Je résumerai la chose en disant : ce sont les derniers morts de la Guerre de Cent Mille Ans La Guerre de Cent mille ans, cette guerre longue, en apparence éternelle, que les riches font aux pauvres, depuis qu’il y a des riches, depuis qu’il y a des pauvres, depuis qu’il y a des faibles, depuis qu’il y a des puissants, depuis qu’il y a des escrocs, depuis qu’il y a des exploités. J’ai dit les derniers puisque la chanson ne commence son énumération qu’au début du siècle dernier, puisque la liste ne commence qu’avec ceux de la Grande Guerre, celle de 1914-18 et tous ces morts en vain s’additionnent jusqu’au moment où Primo Levi écrivit sa chanson – 1985. Depuis, comme tu le sais, il y en eut encore des tas d’autres et aussi loin et aussi longtemps que je puisse voir, il en sera encore pareil. C’est terrible, mais on ne saurait se faire d’illusions à cet égard. Du reste, nous le savons bien tous deux et tous les autres qui fréquentent ici les chansons contre la guerre. Tous ici – nous et les autres – mènent une action de longue, longue haleine sans même imaginer qu’elle puisse aboutir – disons, de leur vivant.

Donc, si je comprends bien ce que tu viens de me dire, Marco Valdo M.I. mon ami, la guerre en tant que phénomène humain – n’est pas près d’être éradiquée, n’est pas près de disparaître. Les amis, les intervenants, les commentateurs ou je ne sais comment les nommer, tous ceux qui d’une manière ou d’une autre développent ou soutiennent les CCG, le savent pertinemment : toute action contre la guerre est forcément une action au long cours. J’en déduis que chacun ici ne se fait aucune illusion sur la possibilité de mettre fin à la guerre. On peut évidemment imaginer d’intervenir utilement dans un conflit spécifique avec une certaine influence, mais à supposer que ce conflit particulier se termine, on peut en trouver d’autres qui persistent ou qui naissent. À première vue, à l’infini. Ma question est tout simplement : pourquoi ?

Mon ami Lucien l’âne, ton « tout simplement : pourquoi ? » est une question à laquelle je n’ai pas de réponse définitive et certainement, pas de réponse qui puisse être entièrement formulée ici. Mais néanmoins, je vais t’indiquer deux éléments en précisant que ton « pourquoi ? » auquel je réponds porte sur l’idée que « toute action contre la guerre est forcément une action au long cours ». Premier élément, c’est le nombre d’intervenants potentiels – il y a environ neuf milliards d’humains et je ne sais combien de formes de regroupement : États, nations, religions, partis, tribus, etc., tous susceptibles de vouloir ou de lancer des actions guerrières.
Deuxième élément : les vies des personnes humaines – aussi longues soient-elles, aussi longues pourrait-on les souhaiter sont d’une durée calculable en dizaines d’années – 6, 7, 10, 20 dizaines d’années  et celles des entités se mesurent en centaines d’années ? Et puis quoi ?
Tout ceci n’est pas sans conséquence si l’on considère que la guerre ne disparaîtra que du jour où – imposant aux entités leur décision – tous les humains s’y opposeront et auront mis fin aux causes de toutes les guerres, causes qui, me semble-t-il, sont d’ordre psycho-sociologique.
Ce sont des générations nouvelles personnes et entités qu’il faudrait gagner à cette opposition consciente, raisonnée et obstinée à la guerre et gagner sans retour au refus de se laisser aller à la richesse, à l’avidité, à la domination, etc. Comme on peut l’imaginer, pour celles qui sont là, c’est déjà trop tard – et on parle en milliards d’êtres humains. Il suffit, en vérité, de regarder la réalité en face. La guerre et nous ne vivons pas dans le même temps. On peut chanter contre elle et c’est certainement indispensable, mais ce n’est pas suffisant. En somme, on peut chanter contre le malheur, mais il faut aussi étudier, rechercher, mettre en place les conditions du bonheur.

Et moi, moi, Marco Valdo M.I. mon ami, moi qui suis depuis si longuement en route autour et alentour et même au cœur du monde des hommes, moi qui ai vu les batailles de l’Iliade et bien d’autres avant encore, moi qui ai croisé Ulysse plusieurs fois et qui l’ai accueilli avec le vieil Argos, chose que le conteur semble ignorer (ce qui est une grave erreur de sa part), car il aurait pu donner plus de véracité encore à son récit en me donnant un instant la parole. J’aurais de mille détails attesté qu’Ulysse était bien Ulysse et j’aurais aussi pu révéler quelques détails de son périple que tous ici de ce fait ignoreront toujours, car à présent je ne m’en souviens plus trop.
Moi qui ai toujours croisé la guerre, moi qui ai vu tant et tant de fuyards, de blessés, de morts, de pays entiers ruinés par la faute de quelques-uns, moi qui ai croisé tant de « morts en vain » depuis des millénaires, moi qui ne suis qu’un âne errant au travers du temps, moi qui aurais tant aimé que la guerre ne me soit plus qu’un mauvais souvenir, moi, il me faut – comme il vous faut à vous pauvres vivants – souffrir qu’elle soit encore notre avenir, car je dois à la vérité dire que je ne vois pas plus que toi venir la fin de la guerre et j’ajoute, atterré, pour les mêmes raisons que toi.
Je persiste et signe : on ne pourra mettre fin à la guerre qu’en bannissant hors du monde la richesse, l’avidité qui n’est que l’appétit, la soif et le goût de richesse, l’ambition qui n’est que le goût, la soif et l’appétit du pouvoir et de la puissance.

Ainsi, Lucien l’âne mon ami, comme moi, tu attestes de la difficulté qu’il y a à comprendre comment en venir à bout, à se faire à l’idée qu’on n’y arrivera qu’en extirpant les racines de cette plante maudite de l’humaine nation et nécessairement, du cœur des humains, de chaque humain.

Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, nous savons que nous ne pouvons faire ni plus ni moins que ce que nous faisons ici, nous ne pouvons faire ni plus ni poins que de tisser obstinément, inlassablement le linceul de ce vieux monde mortifère, nécrocole, thanatocole et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
CHANT DES MORTS EN VAIN

Asseyez-vous et discutez
À votre aise, vieux renards argentés.
Nous vous emmurerons en un palais splendide
Avec de bons lits, un bon feu, du vin et de la nourriture
Pour que vous négociiez et échangiez
Les vies de vos enfants et les vôtres.
Que toute la sagesse de la création
Converge pour bénir vos raisons
Et vous guide dans le labyrinthe.
Mais dehors dans le froid, nous vous attendrons sans fin,
Nous, l’armée des morts en vain,
Nous ceux de Montecassino et de la Marne,
Ceux de Treblinka, ceux d’Hiroshima et ceux de Dresde,
Et il y aura avec nous
Les lépreux et les trachomeux,
Les disparus de Buenos Aires,
Les morts du Cambodge et les mourants d’Éthiopie,
Les pactisés de Prague,
Les exsangues de Calcutta,
Les innocents déchiquetés à Bologne.
Malheur à vous si vous ne pouvez vous accorder,
Par notre étreinte, vous serez écrasés.
Nous sommes invincibles, car nous sommes les vaincus.
Invulnérables, car déjà disparus :
Nous, nous nous moquons de vos missiles.
Asseyez-vous et négociez
Tant que votre langue n’aura pas séché,
Tant que la damnation et la honte dureront,
Nous vous noierons dans notre putréfaction.

envoyé par Marco Valdo M.I. - 6/3/2017 - 17:05


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