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Que nenni ! T'en as menti !

Marco Valdo M.I.
Language: French


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Que nenni ! T'en as menti !

Canzone française – Que nenni ! T'en as menti ! – Marco Valdo M.I. – 2009


(Dachau Express - Suite en plusieurs tableaux.)



Que nenni ! T'en as menti ! est la vingtième et unième étape d'un cycle de chansons, intitulé Dachau Express, qui raconte l'histoire d'un jeune Italien qui déserta pour ne pas servir le fascisme; réfugié en France, il fut rendu par les pétainistes aux sbires du régime, emprisonné. Les étapes ultérieures de ce tour d'Italie un peu particulier se prolongent en Allemagne et racontent la suite de l'aventure qui se terminera à Dachau.
Comme on le découvrira ici, ces canzones racontent l'histoire d'un homme, aujourd'hui âgé de 88 ans, mais encore plein de vie, qui habite quelque part loin de l'Italie dans le Limbourg près de la frontière hollandaise, en pays flamand. Il s'appelle encore et toujours Joseph Porcu (en Italie, Giuseppe), il est né en Sardaigne et connut une vie passablement agitée. Il connaît et suit avec attention ce Giro d'Italia, ce cycle de chansons et il espère que la mémoire qu'il transmet ainsi pourra permettre de mieux résister à tout retour de la bête immonde (encore qu'actuellement en Italie...) et inciter les gens à tout faire pour créer enfin ce monde de justice (sociale) et de liberté pour lequel sont morts tant de résistants.
Ora e sempre : Resistenza !

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.

Que nenni ! T'en as menti ! est une phrase souvent usitée dans nos régions; elle vient du langage populaire; elle témoigne d'une certaine sagesse et d'une certaine rudesse d'expression. Elle sert à dénoncer publiquement un mensonge; on l'envoie généralement comme une balle à la tête du menteur...


Le temps passe à Dachau comme ailleurs. Et pour les Allemands, le temps commence même à se gâter.
Comment compter le temps qui passe, surtout quand il dure des années ? Une solution est de fêter son anniversaire. C'est le repaire pour Joseph. Il y a aussi les changements climatiques – très marqués dans les régions continentales.
Il y a enfin les fêtes des solstices; Noël, vieille fête païenne, en est une. Elle est généralement l'occasion d'un repas exceptionnel au cœur de l'hiver; la tradition se doit d'être respectée, ne fût-ce que pour affirmer le droit à la vie, la volonté de continuer malgré tout, malgré ce destin horriblement contraire. On fait bombance avec ce qu'on peut; ici, l'idée est de manger des gnocchis. Encore faut-il savoir les faire, mais aussi avoir les ingrédients nécessaires. Ces deux nécessités ne sont pas vraiment rencontrées : le savoir culinaire des prisonniers est un peu limité et certains ingrédients sont manquants. Les gnocchis finissent en bouillie, mais qu'importe...
Les rêves aussi occupent une place importante dans la vie du prisonnier. Tôt couché, par la force des choses, il lui faut occuper le temps qui précède le sommeil. Le prisonnier rêvasse, il se fait du cinéma. Joseph s'en retourne en Provence, au soleil, il se promène dans la lavande, le thym, les cigales...Il y retrouve ses amies... L'époque heureuse de sa vie...
À la fin de la nuit, les rêves tournent aux cauchemars, il retrouve les prisons fascistes et soudain, le réveil brutal par les kapos hurleurs. Il découvre alors que son voisin de lit est mort dans la nuit. Puis, dehors il retrouve les cadavres, sinistre moisson de la nuit. Au-dessus de ce monde mortifère passent les escadrilles annonciatrices... Pour Joseph, comme pour tous les prisonniers qui font partie du réseau de résistance interne au camp, il faut absolument tenir, tenir et tenir encore. Résister, résister, résister !

Ora e sempre : Resistenza !

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.



1943 : 2 octobre,
1944 : 2 octobre :
Mes anniversaires à Dachau
Sans souhaits, sans cadeaux
Valait mieux ainsi
Des cadeaux des nazis
Non merci !
Immersion dans un bain glacé
Courir jusqu'à tomber
Au fouet, nous relever
Ou finir au four brûlé.
Ni cobaye, ni esclave aux champs
La nuit, sur ce maudit lit de camp
Je songeais à tous ces gens
Par la faim, le froid, la fatigue éliminés
Assassinés par simple cruauté.
Moi, j'étais privilégié
Dans un laboratoire chauffé

Arbeit macht Frei ?
Que nenni ! T'en as menti !
Arbeit macht Frei ?
Que nenni ! T'en as menti !

Les dernières nouvelles
Petites monnaies de réel
Nous réjouissaient hautement
La guerre tournait mal pour les Allemands
Haut dans le ciel, les escadrilles passaient
Les sirènes se lamentaient
Pas de refuges pour nous prisonniers
Sur la ville, la mort tombait
Nos baraques dansaient
Les bombardement se répétaient, accéléraient
La défaite nazie et notre libération approchaient
Les SS savaient qu'ils perdaient, ils le savaient
Ils cherchaient la belle mort dans leur folie
Noël 1943 : de la farine, deux trois patates
On mangea des gnocchi, étrange bouillie
Devant le poêle, on riait écarlates.
Janvier 1944 : les stalactites de l'entrée
Sonnaient comme des cloches fêlées

Arbeit macht Frei ?
Que nenni ! T'en as menti !
Arbeit macht Frei ?
Que nenni ! T'en as menti !

En soirée sur la paillasse, je rêvassais
Des filles de Provence me consolaient
Dans la lavande, on s'en allait
Causant au grand soleil du Midi,
Denise et Mireille me souriaient
Je retrouvais le paradis
La menthe, le thym et le romarin.
Dans les odeurs nocturnes, je revoyais
Punaises, puces, poux, gardiens
Prisons d'Italie et au matin
Le réveil par d'hystériques crétins
Il ne bouge plus, mon voisin
Il ne se lève pas, raide, éteint.
Dehors, s'empilent les cadavres gris
C'est la moisson de la nuit.
On ne compte plus les trains
De rétifs au Reich honni.
Qui viennent ici mourir sans fin.


Arbeit macht Frei ?
Que nenni ! T'en as menti !
Arbeit macht Frei ?
Que nenni ! T'en as menti !

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2009/3/20 - 22:47



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