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Pour me rendre à mon bureau

Jean Boyer
Language: French

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(Maurice Chevalier)


brasschat
Chanson française de Jean Boyer (1945)
Interprète Georges Tabet.

Cette chanson a été reprise notamment par :

Georges Brassens sur l'album Georges Brassens chante les chansons de sa jeunesse en 1980
Les Ogres de Barback sur l'album Fausses notes & Repris de Justesse en 2000

Pour me rendre a mon bureau

mobilisationUne chanson sur la vie quotidienne pendant la guerre (celle de quarante) qui raconte avec humour (humour, toujours l'humour !) les mésaventures d'un péquin (alias, pékin – et pan dans l'olympisme), homme quelconque, et ajoute le Petit Robert (le dictionnaire), le contraire de Militaire... ça tombe bien, c'est ce que je suis, ce que nous sommes : des antonymes du militaire. En tous cas, Georges Brassens lui, il l'était un antonyme du militaire, un antimilitariste pur jus.
C'est donc cet homme rébarbatif à l'armée et au STO (Service de Travail Obligatoire), bref, l'insoumis par excellence, qui a décidé de chanter cette chanson, pleine d'une ironie douce sur la dégradation de la vie civile (entendez aussi de la civilité, de la civilisation...) dans les temps de guerre.
Bien sûr, elle ne fait pas dans l'antimilitarisme combattant, tous drapeaux au vent, mais, mais... à bien y réfléchir, elle donne comme une coloration aux époques glorieuses...

Marco Valdo M.I.

Una canzone sulla vita quotidiana durante la guerra (la seconda), che racconta com umorismo (l'umorismo, l'umorismo sempre!) le disavventure d'un borghese, di un civile, di un « uomo qualunque »...vale a dire, di ciò che il dizionario considera come il contrario di un militare. Ci sta bene, ed è quel che sono e quel siamo: antomimi di militare. In ogni caso, lui, Georges Brassens, lo era sul serio antonimo di militare, un antimilitarista di razza pura. Quest'uomo refrattario all'esercito e al STO (servizio di lavoro obbligatorio), in breve il renitente per eccellenza, ha allora deciso di cantare questa canzone, piena di tenera ironia sul degrado della vita civile (intesa anche come della civiltà) in tempo di guerra. Certo, non si tratta qui di antimilitarismo militante con gli stendardi al vento; ma, a pensarci bene, dà come un colore a quelle gloriose epoche...

Marco Valdo M.I.
Pour me rendre à mon bureau, j'avais acheté une auto
Une jolie traction avant qui filait comme le vent.
C'était en Juillet 39, je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois d'avoir une voiture à moi.
Mais vint septembre, et je pars pour la guerre.
Huit mois plus tard, en revenant :
Réquisition de ma onze chevaux légère
"Nein verboten" provisoirement.

Pour me rendre à mon bureau alors j'achète une moto
Un joli vélomoteur faisant du quarante à l'heure.
A cheval sur mon teuf-teuf je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
Elle ne consommait presque pas d'essence
Mais presque pas, c'est encore trop.
Voilà qu'on me retire ma licence
J'ai dû revendre ma moto.

Pour me rendre à mon bureau alors j'achète un vélo
Un très joli tout nickelé avec une chaîne et deux clefs.
Monté sur des pneus tous neufs je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois d'avoir un vélo à moi.
J'en ai eu coup sur coup une douzaine
On me les volait périodiquement.
Comme chacun d'eux valait le prix d'une Citroën
Je fus ruiné très rapidement.

Pour me rendre à mon bureau alors j'ai pris le métro
Ça ne coûte pas très cher et il y fait chaud l'hiver.
Alma, Iéna et Marbœuf je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
Hélas par économie de lumière
On a fermé bien des stations.
Et puis ce fut, ce fut la ligne tout entière
Qu'on supprima sans rémission.

Pour me rendre à mon bureau j'ai mis deux bons godillots
Et j'ai fait quatre fois par jour le trajet à pied aller-retour.
Les Tuileries, le Pont Neuf je me gonflais comme un bœuf,
Fier de souffrir de mes corps pour un si joli décor.
Hélas, bientôt, je n'aurai plus de godasses,
Le cordonnier ne ressemelle plus.
Mais en homme prudent et perspicace
Pour l'avenir j'ai tout prévu.

Je vais apprendre demain à me tenir sur les mains
J'irai pas très vite bien sûr mais je n'userai plus de chaussures.
Je verrai le monde de bas en haut c'est peut-être plus rigolo.
Je n'y perdrai rien par surcroît:
Il est pas drôle à l'endroit.

Contributed by Marco valdo M.I. - 2008/8/2 - 18:05




Language: Italian

Versione italiana di Riccardo Venturi
26 ottobre 2008
PER ANDARMENE ALL'UFFICIO

Per andarmene all'ufficio avevo comprato un'auto,
Una bella trazione anteriore che filava come il vento.
Era il luglio '39, e accidenti come mi vantavo
Da borghese orgoglioso, d'avere un'auto tutta mia.
Però venne settembre, e io parto per la guerra.
Otto mesi dopo, quando sono tornato:
Requisizione della mia 11 Cavalli leggera,
« Nein verboten » per il momento.

Per andarmene in ufficio allora ho comprato una moto.
Un bel ciclomotore che faceva quaranta all'ora.
Inforcando il mio vrum-vrum accidenti come mi vantavo
Da borghese orgoglioso, di rincasare così veloce.
Non consumava quasi carburante,
Ma proprio quasi nulla, e ancora è dire troppo.
Ma ecco che mi ritiran la patente,
E la moto l'ho dovuta rivendere.

Per andarmene in ufficio allora ho comprato una bici,
Proprio bellina e tutta cromata, con una catena e un paio di chiavi.
Su quelle gomme nuove nuove, accidenti come mi vantavo
Da borghese orgoglioso, di avere una bici tutta mia.
A occhio e croce ne avrò comprate una dozzina,
Me le rubavano regolarmente.
Siccome ognuna valeva il prezzo di una Citroën
In un batter d'occhio mi sono rovinato.

Per andarmene in ufficio allora ho preso il metrò,
Non costa caro e d'inverno ci faceva un bel calduccio.
Alma, Jena e Marbœuf*, accidenti come mi vantavo
Da borghese orgoglioso, di rincasare così veloce.
Ma porca vacca, per risparmiare sulla corrente
Hanno chiuso non so quante stazioni,
E poi è stata, eh, la linea tutta quanta
Che hanno soppresso senza remissione.

Per andarmene in ufficio, mi son messo due belle scarpotte
Facendo 4 volte al giorno il tragitto a piedi, anda e rianda.
Le Tuileries, il Ponte Nuovo, accidenti come mi vantavo,
Orgoglioso di soffrire anima e corpo per un così bell'onore.
Ma porca vacca, presto non avrò più scarpe,
Il calzolaio non le ripara più.
Ma da persona prudente e perspicace
Per il futuro tutto avevo previsto.

Domani imparerò a camminare sulle mani,
Non andrò tanto veloce ma non userò più le scarpe.
Vedrò il mondo alla rovescia, forse è più divertente.
Non ci perderò nulla, perdipiù:
Alla diritta, mica è gran ché.

*Stazioni della metropolitana parigina.

2008/10/26 - 12:58


Décidément, il y a toujours des chansons qui ont été imaginées à une époque et qui par la suite, quelquefois longtemps après... se révèlent d'une actualité prophétique...

Ainsi en va-t-il pour celle-ci que chantait naguère Georges Brassens... On la croirait datée avec son 1939 inscrit clairement au début... Mais elle, elle s'en fout complètement et elle nous décrit les événements à venir... Elle nous annonce ce qui nous attend et qui déjà a touché certaines parties du continent... Par exemple, la Grèce... Lucien Lane l'a déjà dit ici... REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT SUBIR DEMAIN.

Même la statistique le démontre – chute libre des immatriculations d'automobiles neuves... Écroulement du « marché »... Les grosses machines ne se vendent plus ; elles se revendent difficilement. Plus personne n'en veut... Statistiquement parlant... Les usines automobiles commencent à licencier... On entend les pleureuses et les jeteurs d'huile de peur sur les populations : récession, ralentissement, crise... Lamentations par ci, lamentations par là...

On aura moins... La belle affaire... On n'avait déjà pas grand-chose.

Traçons le portrait, disons une esquisse : moins de gadgets, moins de bagnoles clinquantes... Les utiles resteront quand même... Moins de viande, moins de restaurants, moins de bijoux, de parfums, de cosmétiques, moins de luxe... La belle affaire... On ne s'en portera que mieux...

De toute façon, ce n'est pas aux pauvres qu'on pourra enlever grand-chose, ni à ceux qui se soucient de la consommation et de l'apparence comme d'une guigne...
Ce sont les « m'as-tu-vu dans ma berline allemande ? » ou dans ma « belle machine rouge » qui vont commencer à déchanter... On ne peut tailler dans le gras que là où il y en a...

Mais notre chanson trace la voie à suivre.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I..

Marco Valdo M.I. - 2012/7/16 - 12:25




Language: French

Pour me rendre à mon bureau

Chanson française – Pour me rendre à mon bureau – Jean Boyer – 1943
Version complète : Interprétation Georges Tabet – 1943


Traction-avant 11  FFI - 1944
Traction-avant 11 FFI - 1944


Notre ami Georges Brassens a certes produit une excellente version de cette chanson de Jean Boyer. Mais...

Cela ne se discute pas, dit Lucien l'âne en ouvrant des yeux plus grands que le ventre.

Mais cependant, Lucien l'âne mon ami, la version de Tonton Georges n'est pas complète. Il l'a raccourcie d'un couplet ; le dernier. Peut-être trouvait-il la fin de la chanson originale un peu, comment dire, triviale. D'un autre côté, il semblerait bien qu'elle – la version originale – ait été interprétée en 1943 par Georges Tabet. Ce sont là deux rectifications qu'il me faut apporter à ce qui en est dit dans les Chansons contre la Guerre. Je le fais d'autant plus volontiers que ce qui en était dit, était dit par moi.

C'est bien beau ton commentaire, mais dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, comment fait-on pour connaître la version originale ?

Tout simple, tout simple, Lucien l'âne mon ami. Comme il n'y en a aucune trace écrite sur le réseau Internet ; du moins, je n'en ai pas retrouvé, il suffit d'écouter chanter Georges Tabet et d'en retranscrire le texte intégral. Ce que j'ai fait et je vais donc t'offrir le privilège de la première version complète, accessible sur Internet.

Je suis très impatient de la connaître… Mais dis-moi de quoi parle-t-elle ?

Eh bien, ce ne fut pas si simple, car l'enregistrement est ancien et on ne fait que deviner le texte, couvert en partie par l'orchestre. J'ai dû l'écouter plusieurs fois… Mais enfin, on l'a. Ce qu'elle dit ? Tu le verras. Cependant, il te souviendra qu'à l'avant-dernier couplet – le dernier chez Brassens – le personnage marchait sur les mains… Et en ce temps-là, plus qu'aujourd'hui où on réprime sévèrement la chose, les chiens étaient sortis par leurs maîtres pour des promenades dites « hygiéniques » et laissaient sur le trottoir certaines déjections dures ou moelleuses, c'est selon. Donc, notre personnage finit par mettre la main sur une (ou plusieurs) de ces « choses », comme il est dit pudiquement dans la chanson. Et comme, un dicton dit, du moins dans la culture française – que « marcher dedans, ça porte bonheur... ». Le voilà qui retrouve la chance et peut racheter sa Traction-avant…

Ah oui, je vois… Si j'ose dire…, dit Lucien l'âne éberlué.

Mais voilà, ce n'est pas tout, mon ami Lucien l'âne. Écoute bien ce qui va suivre. Je reviens à une interprétation de la chanson, disons plus politique. Et là, la question de date a du sens. En gros, cette chanson décrit la situation de la France durant les années de guerre et la dégradation des conditions de vie. La Traction-avant, célébrissime voiture, avait été la voiture française la plus moderne et la plus techniquement avancée de l'immédiat avant-guerre et sa fabrication fut arrêtée en 1941 et ne reprendra qu'après la guerre. Donc, premier couplet : tout va bien, il achète une traction – on est en juillet 1939. Traduction : en France, c'est encore l'euphorie. De toute façon, l'armée française est la plus forte du monde… Qu'ils disaient ! On entend encore le « On les aura ! ». Quelques mois plus tard, la traction est réquisitionnée par les Allemands, qui entre-temps, ont pris Paris et la moitié de la France et de l'Europe. Les tractions réquisitionnées feront la guerre de l'Est de l'Europe à l'Afrique du Nord. À la décharge de cette excellente auto, elle fit aussi les beaux jours de la Résistance française (F.F.I.).

Bon, d'accord, mais que se passe-t-il ensuite ? Que raconte ton analyse politique ? Tu commences à m'intriguer et aussi, bien sûr, à m'amuser.

Alors, venons-en au deuxième couplet… On passe de l'auto au vélomoteur. En fait, il n'y a plus de carburant pour les civils… L'Occupation continue et le blocus s'intensifie… C'est l'ère des restrictions, qui vont aller en s'aggravant. Il ne reste plus qu'à se rabattre sur un vélo. Mais à ce moment, un vélo est devenu une marchandise hors de prix, quand on en trouve. Disons au marché noir… Mais un vélo, ça se vole… Et notre personnage se ruine à racheter des vélos… La chose n'est pas spécifiquement française… Vittorio De Sica en fera un film en 1948 : Le Voleur de Bicyclettes.

Et puis, après ?, dit Lucien l'âne. Cette fois-ci, tu m'intéresses encore plus.

Et puis après, il ne lui reste plus qu'à prendre le métro. Ce qui montre, Lucien l'âne mon ami, qu'on est donc bien à Paris. Lequel métro dans la chanson finit par s'arrêter… Ce qui ne fut pas le cas dans la réalité… C'est donc une sorte de projection. Je dis une projection, une anticipation. Car, si l'on avait écrit la chanson après la fin des hostilités, on aurait su cela. Passons. Plus de métro, il ne reste à notre personnage qu'à aller à pieds. Il achète des godillots – c'est du solide, mais ils finissent par rendre l'âme et les cordonniers n'ont plus de matière première non plus. À moins que le cordonnier ne fut Juif et expédié vers l'Est, à Auschwitz, par exemple ; via Drancy…

Mais cette chanson subitement prend une autre allure, dit Lucien l'âne. Et la suite, la suite ?

Ben, quand on aura liquidé tous les cordonniers, il ne restera plus qu'à marcher sur les mains… On verra le monde à l'envers… ce sera toujours mieux qu'à l'endroit. Là aussi, vois-tu Lucien l'âne mon ami, il faut lire entre les lignes ou comprendre le sens des mots et les gens comprenaient tout à demi-mot dans ces périodes troubles. Du moins, ceux qui comprenaient la langue et subtilités… Ce qui n'était assurément pas le cas de l'occupant. Dire qu'on préfère voir le monde à l'envers, c'est dire aussi qu'on ne le supporte pas à l'endroit…

En effet. Je vois bien de quoi il peut s'agir. Mais, Marco Valdo M.I., ne me fais pas languir… Dis-moi la suite...

Et puis, la fin, le couplet retrouvé… avec notre ami qui marche les mains nues dans la « chose qui porte bonheur » et ainsi trouve la force (ça me donnera du beurre… matière inaccessible elle aussi, sauf pour l'occupant et au marché noir, bien évidemment) pour attendre patiemment ma future Traction-avant… ( le mot « future » a toute son importance…) c'est-à-dire en clair la Libération et le retour de la fabrication des Tractions… laquelle n'est concevable qu'après la disparition des Allemands.

Mais alors, cette chanson, c'est une véritable histoire de la guerre et aussi, un message d'espoir, digne de Radio-Londres…, dit Lucien l'âne en riant, cette fois. Maintenant, entre nous, penses-tu que l'auteur avait imaginé tout ça, ce sens caché ?

Personnellement, je suis prêt à le penser. De toute façon, comme on l'a plusieurs fois montré ici, ce n'est pas nécessaire. La chanson, c'est un être vivant… Une fois créée, elle échappe à son auteur. La chanson a une vie autonome.

Voilà qui me réjouis. Elle est comme nous, elle tisse le linceul du vieux monde guerrier, censeur, oppresseur et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Pour me rendre à mon bureau,
J'avais acheté une auto,
Une jolie traction avant
Qui filait comme le vent.
C'était en Juillet 39,
Je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois
D'avoir une voiture à moi.
Mais vint septembre,
Et je pars pour la guerre.
Huit mois plus tard, en revenant :
Réquisition de ma onze chevaux légère :
"Nein verboten" provisoirement.

Pour me rendre à mon bureau,
Alors j'achète une moto,
Un joli vélomoteur
Faisant du quarante à l'heure.
À cheval sur mon teuf-teuf,
Je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois
De rentrer si vite chez moi.
Elle ne consommait presque pas d'essence ;
Mais presque pas, c'est encore trop.
Voilà qu'on me retire ma licence,
J'ai dû revendre ma moto.

Pour me rendre à mon bureau,
Alors, j'achète un vélo,
Un très joli tout nickelé
Avec une chaîne et deux clefs.
Monté sur des pneus tous neufs
Je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois
D'avoir un vélo à moi.
J'en ai eu coup sur coup une douzaine,
On me les volait périodiquement.
Comme chacun d'eux valait le prix d'une Citroën,
Je fus ruiné très rapidement.

Pour me rendre à mon bureau,
Alors, j'ai pris le métro.
Ça ne coûte pas très cher
Et il y fait chaud l'hiver.
Alma, Iéna et Marbœuf,
Je me gonflais comme un bœuf
Dans ma fierté de bourgeois
De rentrer si vite chez moi.
Hélas par économie de lumière,
On a fermé bien des stations.
Et puis ce fut, ce fut la ligne tout entière
Qu'on supprima sans rémission.

Pour me rendre à mon bureau,
J'ai mis deux bons godillots
Et j'ai fait quatre fois par jour,
Le trajet à pied aller-retour.
Les Tuileries, le Pont Neuf,
Je me gonflais comme un bœuf,
Fier de souffrir de mes cors
Pour un si joli décor.
Hélas, bientôt, je n'aurai plus de godasses,
Le cordonnier ne ressemelle plus.
Mais en homme prudent et perspicace,
Pour l'avenir, j'ai tout prévu.

Je vais apprendre demain
À me tenir sur les mains. 
Je n'irai pas très vite bien sûr,
Mais je n'userai plus de chaussures.
Je verrai le monde de bas en haut,
C'est peut-être plus rigolo.
Je n'y perdrai rien par surcroît:
Il est pas drôle à l'endroit.

Pour peu que j'aie sur le trottoir la chance
De mettre la main en plein dedans,
En plein dans la chose à laquelle je pense,
Je serai l'homme le plus content.
Ça me portera bonheur
Et ça me donnera du beurre
Pour attendre patiemment
Ma future Traction-avant.

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2015/1/11 - 21:59



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