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La grande esplanade

Marco Valdo M.I.
Language: French


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LA GRANDE ESPLANADE

(19 septembre 1943 - Suite en plusieurs tableaux.)
Chanson française - Réception – Marco Valdo M.I. – 2009

La grande esplanade est la cinquième étape d'un cycle de chansons qui raconte l'histoire d'un jeune Italien qui déserta pour ne pas servir le fascisme; réfugié en France, il fut rendu par les pétainistes aux sbires du régime, emprisonné. Les étapes ultérieures de ce tour d'Italie un peu particulier se prolongent en Allemagne et racontent la suite de l'aventure qui se terminera à Dachau.

La Grande Esplanade, c'est le lieu central du camp de Dachau, modèle des autres et successifs camps nazis; c'est sur cette place que chaque jour, plusieurs fois par jour, étaient dénombrés les prisonniers.
Le deuxième vers de la première strophe est en grande partie une réminiscence de Charles - Ferdinand Ramuz, écrivain suisse, dont L'Histoire du Soldat fut mise en musique par Igor Stravinski et jouée pour la première fois en 1918.

Voici l'extrait de la marche du Soldat :

« Entre Denges et Denezy
Un soldat qui rentre chez lui
Quinze jours de congé qu’il a
Marche depuis longtemps déjà
A marché, a beaucoup marché
S’impatiente d’arriver parc’ qu’ il a beaucoup marché. »

Un vers de La Grande Esplanade est directement emprunté à Guillaume Apollinaire dans un des plus beaux poèmes d'amour que je connaisse et qu'un homme à la tête cassée par la guerre écrivit pour son amoureuse. Ce poème est intitulé « Le Pont Mirabeau », et fut si bellement mis en chanson par Léo Ferré.

Ce vers est bien entendu : « L'amour s'en va comme cette eau courante » devenu : « La vie s'en va comme cette eau courante ».

J'y ai mis également, message de résistance, toute la strophe suivante, composée elle aussi de vers d'Apollinaire; elle conclut « La Grande Esplanade » :

Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont, je demeure.

On peut évidemment discuter longuement sur l'hypothèse d'un éventuel vol de vers, en quelque sorte. Allez seulement dénoncer la chose au procureur... Qu'on se rassure, déjà le simple fait d'énoncer (ce qui n'est nullement nécessaire... à l'auditeur de deviner, de se souvenir ou de rechercher...) ne dissimule rien et rend son pour son la musique qui traîne dans la tête celui qui écrivit la canzone. Et puis, mes poètes sont mes poètes; ce sont peut être les vôtres... et si ce ne l'est pas encore, ils le deviendront.
Je revendique hautement que la poésie soit un territoire indivis où les poètes vivent et construisent les canzones en se prêtant le matériau les uns les autres, comme les charrons de Cefalù faisaient des charrettes peintes aux couleurs vives des légendes empruntées aux aèdes et en embarquant Roland, Charlemagne et la princesse guerrière percée par Durandal au bon endroit.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.



Dachau express tchou, tchou est reparti
On a marché, beaucoup marché, sous le crachin
Sous les crachats, la barrière enfin.
Halt ! De l'autre côté, Monde interdit !

Message clair, message transmis
1700 fils de Dante ont compris
Voici la porte de l'enfer nazi
Dans le camp, notre existence finit.

La grande esplanade, l'allée de la mort
Tous alignés sous les yeux des miradors
Premier regard panoramique
Le très haut mur, les barbelés électriques

On regrette déjà le vieux fort de Peschiera
Villégiature sul Lago di Garda
Mitrailleuses, Lagerstrasse entre ses baraques
Définitif délire maniaque..

Pluie, pluie, jusqu'aux os.
Dante n'a pas vu Dachau
Dante n'a pas connu les nazis
Dante se trompait, l'enfer ne peut être pis.

Ne pas bouger, attente, attente
Le froid mange nos corps
Refuser, refuser la mort
La vie s'en va comme cette eau courante

Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont, je demeure.

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2009/1/20 - 14:28



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