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Le Vî Russe ou la Victoire de l’Amour

Marco Valdo M.I.
Language: French


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(Marco Valdo M.I.)
I' vìrusse, ovvero L' Alluvione adattata alle esigenze di' momento
(L'Anonimo Toscano del XXI Secolo e la Piccola Orchestrina del Costo Sociale)
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(Giorgio Gaber)


Le Vî Russe ou la Victoire de l’Amour

Chanson française – Le Vî Russe ou la Victoire de l’Amour – Marco Valdo M.I. – 2020

Dialogue Maïeutique

Ed Hopper 1927 - Pharmacie


Ceci, Lucien l’âne mon ami, est une parodie, mais ne t’y trompe pas, une parodie est une chanson en soi. Ce n’est pas un ersatz, une vaine copie et puis, celle-ci en tous cas, est bien plus que ça. Disons qu’elle est surgie à la lecture de la parodie que fit l’autre jour, en toscan florentin, l’Athée du XXIe Siècle sous le titre : « I' vìrusse, ovvero L' Alluvione adattata alle esigenze di' momento » (I’ vìrusse, c’est-à-dire le déluge adapté aux besoins du moment) de la chanson L’Alluvione de Riccardo Marasco . Tu vois tout de suite que la chose est assez compliquée.

En effet, je n’ai déjà rien compris, Marco Valdo M.I., à ce que tu m’as dit. Enfin, si quand même, mais précise un peu.

Oui, il me faut préciser, car l’affaire ne s’arrête pas là, dit Marco Valdo M.I. en souriant. Cependant, reprenons. J’ai donc fait une chanson, inspirée par une autre chanson, inspirée d’une chanson.

Oh, dit Lucien l’âne, ça je comprends. C’est presque toujours comme ça, dans la chanson.

Cette chanson est une nette allusion, Lucien l’âne mon ami, non seulement à l’Alluvion, autrement l’inondation de Florence en 1966, mais aussi, certainement, à la situation que nous subissons.

La situation ?, dit Lucien l’âne. Tu veux sans doute parler de cette histoire de virus qui agite les populations comme des vers dans le panier d’un pêcheur.

Exactement, Lucien l’âne mon ami. De cette chanson, revisitée par l’Athée XXI, au commencement, j’ai gardé – disons – la structure et l’avancée ; un peu le rythme aussi. Bref, je cheminai avec elle. Jusqu’à tant qu’il m’est venu l’idée qu’il existait une chanson française où un Russe, un Russe blanc, prénommé Igor s’est perdu dans un bar où il n’arrête guère de boire, car sa Katie l’a quitté ; c’est d’ailleurs le titre de cette chanson de Boby Lapointe : « Ta Katie t’a quitté ».

Houla, dit Lucien l’âne, ça démarre fort ton histoire. Je me réjouis déjà de l’entendre. Mais, procède, je t’en prie.

Donc, Igor (celui de Lapointe) est un Russe blanc, donc, forcément, un vieux Russe, ce qui se dit par chez nous, comme tu le sais, un Vî Russe. Il est aux prises avec le virus et quinteux, s’en va en ville à la recherche d’un secours, d’autant qu’il s’imagine que sa Katie l’a quitté. C’est une fausseté que lui souffle le malin virus pour le démoraliser. Igor entend alors chanter Boby et en finale aussi, mais le refrain a changé ; bonne fin, bonne nouvelle, Katie est rentrée. Et puis, il y aurait tant à expliquer, que chacun use un peu ses méninges ! Et lise la chanson. D’ailleurs, Boby ne donnait jamais d’explication. Un dernier indice pourtant : il y a là-dedans Avanie et Framboises de Boby Lapointe (Avanie et framboises sont les mamelles du destin), Le Cid de Pierre Corneille, Ballade des pendus [Épitaphe Villon]La Ballade des Pendus de François Villon, Boileau, Otchi chornye et sans doute d’autres allusions encore. À Cambronne, par exemple. Le monde des morts est fait d’allusions. Toute la chanson est une scènette digne de l’immortel Henri Cami, son titre est d’ailleurs lui-même une allusion à sa pièce : « Dupanloup, ou les prodiges de l’amour », dont je traitais récemment dans « La Confession camique d’Henri Cami », publiée par la revue des Athées de Belgique.

Oui, dit Lucien l’âne en soupirant, trop de bien nuit. Alors, allons-y, Alonzo ! Tissons le linceul de ce vieux monde déboussolé, virusé (par un virus vî rusé, qui a plus d’un tour (du monde) dans son sac), angoissé, incertain et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo et Lucien Lane
Dante, le poète divin cède la place à Boby le marin
Ô frères humains, apprenez les adages
Quand règne la loi des grands partages,
Bactéries et virus vont sur les ailes du destin.

Igor est Russe et va tout seul à son bistro ;
Passe un bus, un tram, un métro,
Ils sont vides et roulent lentement.
Mais où se cachent tous ces gens ?

Les boutiques sont toutes fermées,
Les bars barricadés, les maisons closes ;
Les rues ont des allures d’allées
De cimetière. La ville est morose.

Sur la place du centre, un vî Russe
Blanc chante les yeux noirs,
Sans se soucier du virus
Qui le lorgne plein d’espoir.

Un cri : « Si j’entre ici, perdez tout espoir ! »
Soudain, un souffle, un courant d’air froid
Renverse un panneau, un grand écrit noir :
« La ville se meurt, mais ne se rend pas ! »

Igor, hagard, au bar, au café,
D’un alcool bien frappé,
D’un café bien serré,
Igor, noir, veut se consoler.

« Tic-tac, tic-tac,
Ta Katie t’a quitté ;
Tic-tac, tic-tac,
Ta Katie t’a quitté ;
Tic-tac, tic-tac.
T’es cocu, qu’attends-tu ?
Cuite-toi, t’es cocu.
T’as qu’à, t’as qu’à te cuiter
Et quitter ton quartier »

Il hoquète de la poitrine, il a peur,
Il avise là-devant une officine
Il se traîne, il se meut, il se meurt
Il s’agite devant la vitrine.

Derrière sa vitre blindée,
La pharmacienne éberluée
L’écoute tousser, tousser
Ses poumons fatigués.

Enfin, l’enchifrené peut entrer
Pour un remède acheter.
L’apothicaire lui propose une affaire :
Pour vingt euros, un masque de fer.

Au toussoteux, au fiévreux, elle propose
Un fébrifuge, une drogue, une quinine
Et rentrez chez vous prendre une dose,
Conclut la pharmacienne à la voix coquine.

Igor, en chemin, se sent toujours mourir
Il sue, il tremblote, il dégouline,
Rien ne lui sert de courir,
Déjà, il défaille, le virus le mine.

Les statues de la ville, les poteaux et les feux
Encouragent en son odyssée pharmacologique,
Igor, le Vî Russe, ce pauvre vieux, presque feu,
Pris maintenant en traître de la colique.

Judith et Olopherne lui serinent :
« Perds pas la tête, ça ira, ça ira !
Dépêche-toi de regagner ta cuisine
Katia y est déjà, ta Katia t’attend là ! »

Il court alors, il vole, il arrive à bon port.
Igor, le Vî Russe sème le virus encore.
Il actionne sa sirène, passe les carrefours
Contre le virus, c’est la victoire de l’amour.

« Tic-tac, tic-tac,
Ta Katie est rentrée ;
Tic-tac, tic-tac,
Ta Katie est rentrée ;
Tic-tac, tic-tac.
Cours-y vite, qu’attends-tu ?
J’ai le virus au cul.
T’as qu’à, t’as qu’à le semer
Et le virer du quartier.
Ta Katie est rentrée,
Ta Katie est rentrée… »

Dante, le poète divin cède la place à Boby le marin
Ô frères humains, apprenez les adages
Quand règne la loi des grands partages,
Bactéries et virus vont sur les ailes du destin.

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2020/3/16 - 19:20



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