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Brief an meinen Sohn

Erich Kästner
Lingua: Tedesco

Lista delle versioni e commenti


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[1931]
Versi di Erich Kästner, nella raccolta "Gesang zwischen den Stühlen" del 1932
Interpretata da Ernst Busch insieme allo stesso Erich Kästner ‎nel disco "Erich Kästner Liest Kästner", Aurora Schallplatten, 1969



Ich möchte endlich einen Jungen haben,
so klug und stark, wie Kinder heute sind.
Nur etwas fehlt mir noch zu diesem Knaben.
Mir fehlt nur noch die Mutter zu dem Kind.

Nicht jedes Fräulein kommt dafür in Frage.
Seit vielen langen Jahren such ich schon.
Das Glück ist seltner als die Feiertage.
Und deine Mutter weiß noch nichts von uns, mein Sohn.

Doch eines schönen Tages wird’s dich geben.
Ich freue mich schon heute sehr darauf.
Dann lernst du laufen, und dann lernst du leben,
und was daraus entsteht, heißt Lebenslauf.

Zu Anfang schreist du bloß und machst Gebärden,
bis du zu andern Taten übergehst,
bis du und deine Augen größer werden
und bis du das, was man verstehen muss, verstehst.

Wer zu verstehn beginnt, versteht nichts mehr.
Er starrt entgeistert auf das Welttheater.
Zu Anfang braucht ein Kind die Mutter sehr.
Doch wenn du größer wirst, brauchst du den Vater.

Ich will mit dir durch Kohlengruben gehn.
Ich will dir Parks mit Marmorvillen zeigen.
Du wirst mich anschaun und es nicht verstehn.
Ich werde dich belehren, Kind, und schweigen.

Ich will mit dir nach Vaux und Ypern reisen
und auf das Meer von weißen Kreuzen blicken.
Ich werde still sein und dir nichts beweisen.
Doch wenn du weinen wirst, mein Kind, dann will ich nicken.

Ich will nicht reden, wie die Dinge liegen.
Ich will dir zeigen, wie die Sache steht.
Denn die Vernunft muss ganz von selber siegen.
Ich will dein Vater sein und kein Prophet.

Wenn du trotzdem ein Mensch wirst wie die meisten,
all dem, was ich dich schauen ließ, zum Hohn,
ein Kerl wie alle, über einen Leisten,
dann wirst du nie, was du sein sollst: mein Sohn!

inviata da Bernart Bartleby - 15/9/2019 - 17:38




Lingua: Ungherese

Traduzione ungherese di Békés István da Hungarians in the the Tower of Babel
LEVÉL A FIAMHOZ

Szeretném végre, ha fiam születnék,
mai gyerek, erős, bölcs sarjadék.
Egy csekélység gátolja csak a jöttét.
A gyermekemnek nincsen anyja még.

Nem bízhatom ezt bármely hajadonra.
Évek óta nyomozok hasztalan.
A szerencse szeszélyes primadonna.
S anyád még semmit sem tud rólunk, kisfiam.

De egyszer itt leszel majd, csöppnyi férfi.
A gondolat előre felvidít.
Előbb járni tanulsz meg, aztán élni,
s így járod be az élet útjait.

Kezdetben bömbölsz, kapkodsz összevissza,
amíg más tettre át nem tér kezed,
amíg megnősz, szemed nagy lesz és tiszta,
amíg megérted azt, mit meg kell értened.

Ki félig érti, semmit meg nem ért.
Bambán bámul a nagy komédiára.
Előbb az anya védi gyermekét.
De ahogy nősz, szükséged lesz apára.

Majd elmegyek szénbányákba veled.
Márványvillás parkokba megyünk aztán.
Rám nézel és nem érted, hogy lehet.
Elmondom és elhallgatok, fiacskám.

Majd elmegyünk együtt Ypernbe, Vaux-ba,
hol sírkeresztek ezre, mint a tenger.
Én állok némán, szót se szólok róla.
De hogyha felzokogsz, rábólintok fejemmel.

Nem azt mondom: a dolgok így-ugy mennek.
Feltárom néked, mint áll a dolog.
Magától kell győzni az értelemnek.
Nem próféta, hanem apád vagyok.

S ha bármit láttál, mindenek csúfjára
olyan ember leszel, mint annyi van,
tucatfickó, százzal egy kaptafára,
akkor nem vagy, mit vártam: a fiam!

inviata da B.B. - 15/9/2019 - 17:39




Lingua: Italiano

Traduzione italiana / Italienische Übersetzung / Italian translation / Traduction italienne / Italiankielinen käännös:
Riccardo Venturi, 15-09-2019 21:15
LETTERA A MIO FIGLIO

In fin dei conti, mi piacerebbe avere un figlio
così forte e sveglio, come sono i ragazzi d'oggi.
Per questo figlio, solo, mi manca ancora qualche cosa:
Mi manca ancora la madre del bambino.

Non è che ogni ragazza mi sta bene.
È un bel po' d'anni, che ne cerco una.
La fortuna è più rara dei giorni di festa.
E tua madre, figlio mio, di noi è tuttora ignara.

Però un bel giorno, infine, arriverai,
E già da ora ne son contento assai.
Imparerai a camminare, imparerai a vivere,
E quel che ne verrà fuori, si chiama Vita.

All'inizio urlerai e basta, e farai gesti
Finché non passerai a fare altre azioni,
Finché tu e i tuoi occhi non cresceranno
E finché non capirai quel che si ha da capire.

Chi comincia a capire, non capisce più niente.
Fissa scoraggiato il teatro del mondo.
All'inizio, un bambino ha tanto bisogno della madre.
Quando sarai più grande, avrai bisogno di tuo padre.

Ti porterò con me per le miniere di carbone.
Ti porterò a vedere parchi con le ville in marmo.
Mi guarderai, e questo non lo capirai.
Io te lo insegnerò, figlio mio, e starò zitto.

Ti porterò con me a Vaux e a Ypres,
E guarderemo il mare di croci bianche.
Starò in silenzio, e non ti farò vedere niente.
Però, figlio mio, se piangerai io annuirò.

Non dirò come stanno le cose.
Ti mostrerò da che è venuta questa cosa.
Ché la ragione deve prevalere da sola.
Io voglio essere tuo padre, non un profeta.

E se, però, diventerai un uomo come i più,
Schernendo tutto quel che ti ho fatto vedere,
Un tizio come tutti, un uomo qualunque,
Non sarai mai quel che speravo, figlio mio!

15/9/2019 - 21:15




Lingua: Francese

Version française – LETTRE À MON FILS – Marco Valdo M.I. – 2019
Chanson allemande – Brief an meinen Sohn – Erich Kästner – 1931
Poème d’Erich Kästner, in "Gesang zwischen den Stühlen", 1932
Interprétée par Ernst Busch avec Erich Kästner ‎sur le disque "Erich Kästner Liest Kästner" (Erich Kästner lit Erich Kästner), Aurora Schallplatten, 1969


Dialogue Maïeutique

Berlin 1931


Voici, Lucien l’âne mon ami, une lettre-chanson ou une chanson-lettre, comme tu voudras ; en tout cas, la chose importante, car c’est un père qui s’adresse au fils qu’il n’a pas encore enfanté et dont, en outre, il ne connaît pas la mère ; il ne la connaît pas et il se contente d’une figure évasive, à peine esquissée, une supposition de mère, un artefact. Il est vrai que ce qui le préoccupe dans l’instant, c’est son fils tout aussi supposé, un fils théorique, une figure de fils et de fait, il ne pourrait être autre chose. Il s’incarnera (ou non) en temps utile. C’est son fils, ce fils qu’il pourrait avoir et surtout, ce que ce fils pourrait devenir qui l’inquiète.

Voilà, dit Lucien l’âne, un père bien prévoyant et même aussi, assez imaginatif. Prudent peut-être également, surtout si on imagine qu’il pourrait s’agir d’un fils collectif, de toute la génération qui suit.

Il y a de ça, répond Marco Valdo M.I., et en effet, la chose prêterait à sourire, si elle était le reflet d’une banale ambition paternelle. Mais, en fait, il ne s’agit pas de ça ; il y a plus, énormément plus, dans cette chanson et derrière ce poème, ainsi que tu parais l’avoir deviné. Car il s’agit d’Erich Kästner et qu’il écrit cette « lettre à mon fils » en 1931 à Berlin et ce sont là des éléments non négligeables, des indications d’importance. Je les prends l’une après l’autre pour en éclairer le sens. D’abord, le poème (ou la chanson – c’est la même chose) est une forme d’expression forte, qui permet de faire passer et durer une opinion ou telle Cassandre, un avertissement. Un article de journal – Erich Kästner le savait, lui qui était journaliste – passe avec le jour de diffusion ; un autre article le chasse dès le lendemain. Un poème, une chanson sortent de l’ordinaire, perdurent dans le cœur et l’esprit du lecteur en raison de leur rythme, de leur air, de leur style.

Halte, Marco Valdo M.I. mon ami, arrête-toi un instant. Je voudrais à mon tour dire que si tout ça est exact – et ce l’est, il faut ajouter que plus le poème-chanson est de qualité, plus il élève le ton, plus il est riche d’originale création, plus il s’enfonce dans l’esprit et le cœur. C’est là que l’importance de la forme se fait sentir ; mais je t’en prie continue.

Donc, reprend Marco Valdo M.I., ensuite, il y a l’auteur. Ici, Erch Kästner, dont il faut une fois encore rappeler qu’il s’agit d’un poète, écrivain, romancier pour enfants et d’un journaliste et aussi, d’un moraliste. Puis, viennent le lieu et la date : ici, Berlin, 1931. Erich Kästner est aux avant-postes dans la lutte à mort qui se déroule à Berlin à ce moment ; c’est la montée de la terreur ; il y règne un climat de folie méchante et une atmosphère de déréliction. C’est cette même année 1931 qu’ Erich Kästner publie Fabian. Die Geschichte eines Moralisten (Fabian : Histoire d'un moraliste), publié en français sous le titre prémonitoire de « Vers l'abîme ». Tel est le contexte de cette lettre.

Alors, oui, dit Lucien l’âne, je comprends tout ça, mais quid de cette « lettre à mon fils » ?

Oh, répond Marco Valdo M.I., c’est une lettre prétexte pour explorer l’avenir de la génération suivante et de prendre position par avance dans le monde qui viendra. Mais, dit-il en ayant bien conscience de l’incoercible liberté et de la nécessaire dignité de ce « fils » :

« Je ne vais pas discuter de comment vont les choses,
Je vais te montrer comment sont les choses,
Car la raison doit toute seule emplir ta tête.
Je veux être ton père et pas un prophète. »


D’autant, comme tu l’as dit, que ce fils pourrait être le peuple allemand lui-même ; ce qui donne tout son sens à la fin de la chanson-poème :

« Si tu deviens quand même un homme comme la plupart,
Méprisant tout ce que je t’ai fait voir,
Un gars quelconque, un n’importe quoi,
Alors jamais mon fils, tu ne seras. »


Soit, dit Lucien l’âne, il me vient en tête que c’est une chanson qui, en dépit du contexte historique de sa naissance, vaut tout autant tout au long de La Guerre de Cent mille ans, celle que les riches font aux pauvres ainsi évoquée dans la chanson :

« Je vais aller dans les mines de charbon avec toi,
Je vais te montrer des parcs avec des villas de marbre »


et si j’avais un fils ou un petit-fils, je lui enverrais. Alors, tissons le linceul de ce vieux monde toujours recommencé, malade de la peste brune, infecté et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
LETTRE À MON FILS

Finalement, je voudrais avoir un garçon,
Comme sont les enfants d’à présent, fort et intelligent.
Une seule chose me fait défaut pour ce garçon :
Une mère pour concevoir l’enfant.

N’importe quelle demoiselle peut convenir pour nous.
Il y a déjà de nombreuses années que je cherche,
Mais le bonheur est plus rare que les vacances.
Et mon fils, ta mère ne sait encore rien de nous.

Mais un beau jour, tu arriveras,
Je m’en réjouis beaucoup déjà.
Tu grandiras, tu marcheras, tu apprendras,
Et de tout ça, l’aventure de ta vie sortira.

Au début, tu cries seulement et tu fais des gestes,
Jusqu’à temps que tu passes à d’autres actes,
Jusqu’à temps que toi et tes yeux puissiez voir,
Entendre et comprendre, tout ce qu’il faut savoir.

Celui qui commence à comprendre, comme toi, mon garçon
Regarde le théâtre du monde avec admiration.
Au début, un enfant a besoin d’une mère ;
Quand tu seras grand, tu auras besoin de ton père.

Je vais aller dans les mines de charbon avec toi,
Je vais te montrer des parcs avec des villas de marbre,
Tu me regarderas et tu ne comprendras pas.
Je vais t’apprendre, enfant, et me taire.

Je vais aller avec toi à Vaux et à Ypres
Regarder la mer de croix blanches.
Là aussi, je vais rester silencieux et ne rien commenter.
Mais si tu pleures, mon enfant, je t’approuverai.

Je ne vais pas discuter de comment vont les choses,
Je vais te montrer comment sont les choses,
Car la raison doit toute seule emplir ta tête.
Je veux être ton père et pas un prophète.

Si tu deviens quand même un homme comme la plupart,
Méprisant tout ce que je t’ai fait voir,
Un gars quelconque, un n’importe quoi,
Alors jamais mon fils, tu ne seras.

inviata da Marco Valdo M.I. - 21/9/2019 - 22:19



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