Lingua   

Le braconnier

Marc Robine
Lingua: Francese



J’vais vous parler d’un gars de chez nous, d'un braconier comm'y en a plus
Nous autres on l’appelait Grand Loup mais son vrai nom l’a jamais su.
Nous on disait qu’i’ venait de l‘aut’bord, d’la Normandie, quequ’part par là.
‘l est arrivé com’ un vent d’Nord vers les années vingt-deux, vingt-trois.
Un grand frisé avec une dent en or, puis des épaules larges comme ça,
‘l avait de bons bras, pis parlait fort, aimait les femmes à part de ça.
Le père chez nous, i’ nous disait que ce gars là, ‘l avait deux cœurs,
Qu’i’ parlait comme un livre épais, pis l’père chez nous y est pas menteur.
Not’bon curé, Monsieur Gendron, ne l’aimait pas, j’sais pas pourquoi,
Disait que c’est un mauvais garçon, qu’allait pas à la messe, qu’avait pas la foi.
Dans le village on racontait qu’il parlait au diable et pis qu’il j’tait des sorts
Et parfois quand la nuit tombait on entendait dans les écarts,
Comme une manière de concerto, c’tait pas de la flûte, c’était pas du hautbois,
Le maît’de chant i’nous disait qu’c’est le son d’un cor au fond des bois.
On l’a retrouvé un beau matin, couché au bord de la rivière,
Au bout d’la corde de son chien, fusil au dos, face contre terre.
J’suis descendu dans l’bas d’chez nous, au mois d’novembre l’année passée,
J’suis allé voir dans les écarts, là où vivait le braconnier.
J’ai vu des rafales de feuilles, poudrer le derrière des chevreuils,
La nuit tombait sur les chicots, le vent hurlait dans les bouleaux.
Aujourd’hui près de la rivière, le braconnier repose en paix,
Et bien souvent dans les fougères, j’entends chuchoter les criquets.
Y est y mort ? Y est y vivant ? Y est y mort ? Y est y vivant ?
Y est y mort ? Y est y vivant ? Y est y mort ? Y est y vivant ?


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