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Mein Gefängnis

Erich Mühsam
Language: German

List of versions


Related Songs

Der Gefangene (Sich Fügen heißt Lügen!)
(Erich Mühsam)
Ballad of Yvonne Johnson
(Eliza Gilkyson)
Klage
(Erich Mühsam)


[1914]
Versi di Erich Mühsam, nella raccolta intitolata “Wüste-Krater-Wolken” pubblicata nel 1914
Una poesia messa in musica da parecchi artisti, ad esempio Gregor Hause, nel suo album "Das Herz in der Hand" del 1998, o dalla folk rock band tedesca Die Schnitter, nel loro album del 2002 intitolato "Fegefeuer". Più recentemente ci si è cimentato anche Christoph Holzhöfer

Das Herz in der Hand
Fegefeuer

Auf dem Meere tanzt die Welle
nach der Freiheit Windmusik.
Raum zum Tanz hat meine Zelle
siebzehn Meter im Kubik.

Aus den blauen Himmeln zittert
Sehnsucht, die die Herzen stillt.
Meine Luke ist vergittert
und ihr dickes Glas gerillt.

Liebe tupft mit bleichen leisen
Fingern an ein Bett ihr Mal.
Meine Pforte ist aus Eisen,
meine Pritsche hart und schmal.

Tausend Rätsel, tausend Fragen
machen manchen Menschen dumm.
Ich hab eine nur zu tragen:
Warum sitz ich hier? Warum?

Hinterm Auge wohnt die Träne,
und sie weint zu ihrer Zeit.
Eingesperrt sind meine Pläne
namens der Gerechtigkeit.

Wie ein Flaggstock sind Entwürfe,
den ein Wind vom Dache warf.
Denn man meint oft, daß man dürfe,
was man schließlich doch nicht darf.

Contributed by Bernart Bartleby - 2019/1/26 - 20:38




Language: Italian

Traduzione italiana / Italienische Übersetzung / Italian translation / Traduction italienne / Italiankielinen käännös:
Riccardo Venturi, 29-01-2019 23:01
LA MIA GALERA

Sul mare danza l'onda
sulla musica del vento di libertà.
Spazio per ballare ce l'ha la mia cella:
diciassette metri cubi.

Dai cieli azzurri freme
una nostalgia che placa i cuori.
La mia finestrella ha un'inferriata
e un vetro spesso e rugoso.

L'amore marchia con dita pallide
e sommesse il suo segno su un letto.
Io ho una porta di ferro
e un tavolaccio duro e stretto.

Mille misteri, mille domande
rimbecilliscono più d'uno.
Io ne ho solo una da fare:
Perché sto qui? Perché?

Dietro l'occhio dimora la lacrima,
e ella piange quando è tempo.
Son rinchiusi i miei progetti,
in nome della giustizia.

Come un'asta di bandiera sono i progetti
che il vento ha scaraventato via dal tetto.
Perché spesso si pensa di potere
Quel che alla fine invece non si può.

2019/1/29 - 23:01




Language: English

English version / Versione inglese / Version anglaise / Englanninkielinen versio:
Riccardo Venturi, 29-01-2019 23:42
MY GAOL

The waves dance upon the sea
To the wind tune of liberty.
There's space to dance in my cell:
six hundred cubic feet.

From blue skies, longing is throbbing
and all hearts calm down and appease.
My windowhole, it has bars
and a thick and rough glasspane.

Love's left with its pale fingers
its wan, faint mark on a bed.
My door's made of iron harsh,
my bed's a hard, narrow plank.

Many are dazed and many are dulled
with a thousand riddles and questions.
I have only one question to ask:
Why am I here, tell me, why?

Behind the eye a tear is dwelling,
weeping when the time is due.
Now my plans are all imprison'd
in the name of justice fair.

Plans are like an unsteady flagstaff
wind hurled down from the roof.
That's why you often think you can do
What you finally can't do instead.

2019/1/29 - 23:43




Language: French

Version française – Ma Prison – Marco Valdo M.I. – 2021
Chanson allemande – Mein Gefängnis – Erich Mühsam – 1914

Poème d’Erich Mühsam, dans le recueil intitulé « Wüste-Krater-Wolken », publié en 1914.
Un poème mis en musique par plusieurs artistes, comme Gregor Hause, dans son album de 1998 « Das Herz in der Hand », ou par le groupe folk-rock allemand Die Schnitter, dans son album de 2002 intitulé “Fegefeuer”. Plus récemment, Christoph Holzhöfer s’y est également essayé.

Dialogue maïeutique

LA CHAMBRE À ARLES  Vincent Van Gogh – 1888
LA CHAMBRE À ARLES Vincent Van Gogh – 1888


On avait déjà parlé ensemble, Lucien l’âne mon ami, d’Erich Mühsam.

Oh oui, Marco Valdo M.I. mon ami, je me souviens assez bien de ça, et même surtout, que tu avais écrit toute une chanson à son sujet.

En effet, répond Marco Valdo M.I., c’était il y a plus de dix ans et je l’avais intitulée
« Erich Mühsam, poète, anarchiste et assassiné ». Cette fois, c’est différent puisqu’il s’agit d’une version française d’un poème d’Erich Mühsam : « MA PRISON » écrit à un moment de sa vie bien antérieur à son séjour et à sa fin à la prison d’Orianenbourg où il finit pendu dans sa cellule. D’autre part, j’avais déjà proposé l’une ou l’autre versions françaises de poèmes d’Erich Mühsam.

De ça aussi, je me souviens, s’écrie Lucien l’âne. J’ai en mémoire, par exemple, LA MAISON BRUNE – Das Braune Haus ; LE RÉVOLUTIONNAIRE – Der Revoluzzer ; LE PRESSENTIMENT – Die Ahnung ; EN CELLULE – In der Zelle ; CALENDRIER 1913 – Kalender 1913 ; MALHEUR – Klage ; RÈGLES DE VIE – Lebensregel ; CHANT DU LUMPEN – Lumpenlied ; CHANT DES SOLDATS – Soldatenlied.

Voilà, dit Marco Valdo M.I. ; celle-ci sera la dixième. Comme on a commenté la vie d’Erich Mühsam et fait ressortir son importance, j’en resterai là cette fois.

Oui, dit Lucien l’âne, dans le fond, il s’agit juste de faire une sorte d’introduction à la chanson. À ce propos, je voudrais te demander si tu pourrais ajouter quelques détails, ne fût-ce que son titre.

Le titre, certes, Lucien l’âne mon ami, mais les quelques détails, ça va m’entraîner un peu plus loin que je le souhaitais. Donc, le titre est « Ma Prison » ; c’est une description du lieu, suivie d’une réflexion sur l’effet de ce lieu, de l’enfermement et des conditions dans lesquelles il est vécu. La description factuelle ou presque du lieu (me) fait penser à la façon dont aurait pu la peindre Vincent Van Gogh, sauf évidemment que les mots tiennent lieu de touches de couleur. Quand je dis couleur, je pense à la matière que le peintre prend sur son pinceau pour l’étendre sur la toile.

Donc, dit Lucien l’âne, si je comprends bien : les mots sont des couleurs.

Exactement, répond Marco Valdo M.I., dans cette manière d’écrire, les mots sont des couleurs et quand on les agence, on obtient un tableau. Tout comme le peintre joue des couleurs pour créer une ambiance, un monde, un tableau, le poète use des mots pour obtenir un résultat du même ordre. Ici, faire percevoir son lieu d’enfermement. Ensuite, il est important de prendre en compte le fait que ce texte date d’avant 1914, c’est-à-dire ces années avant ses séjours en prison des années 20 et 30. Comme je n’ai pu relever de séjour d’Erich Mühsam en prison avant celui de 1919, je ne peux dire s’il s’agit d’un lieu réel ou purement imaginé. Même si évidemment, le tableau est convaincant.

Oh, dit Lucien l’âne, à ce sujet, on peut penser que tu dis juste, car en plus des Lettres de prison de Carlo Levi, dont la première chanson était Le Fils emprisonné et il est aussi question de prison dans Dachau Express.

Évidemment, Lucien l’âne mon ami, et pour ce qui est de la peinture, je te recommande de relire « Le Vent souffle ».

Oh, dit Lucien l’âne, finalement, c’est peut-être une sorte d’anticipation. La poésie est coutumière du genre. Maintenant, pour ce qui nous concerne, tissons le linceul de ce vieux monde carcéral, étouffant, autoritaire, baillonneur et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
MA PRISON

Sur la mer, la vague danse,
Le vent libère la musique.
Ma cellule a de la place pour la danse
Dans ses dix-sept mètres d’air cubique.

Des ciels bleus comme une fleur
Frémit la nostalgie qui apaise le cœur.
Ma fenêtre est grillagée
Et sa grosse vitre est striée.

L’amour de son pâle et frêle doigt
Sur le lit trace son repère.
Ma porte est en fer,
Mon grabat est dur et étroit.

Mille questions, mille énigmes
Rendent stupides nombre d’hommes.
J’en ai seulement une à part moi :
Pourquoi suis-je assis ici ? Pourquoi ?

Derrière l’œil, la larme se terre
Et en son temps, pleure.
On bloque toutes mes esquisses
Au nom de la justice.

Un vent a jeté bas du toit
Mon drapeau et mes projets.
On pense souvent qu’on pourrait,
Ce qu’en fin de compte, on ne peut pas.

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2021/10/10 - 20:45



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