Lingua   

Jef, l’âne du diable

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese



Till vagabondait par voies et sentiers ;
Sur sa route se tenait un âne enharnaché,
Paré comme une madone au quinze août
De flocquarts, de pendilloches et de clous.

Des vieilles se dandinaient autour de lui,
Parlant toutes à la fois, faisant grand bruit.
C’est l’âne de Gilles, le tueur d’enfants,
Le diable le protège, c’est une âme de Satan.

Interloqué, l’âne se tenait coi.
Les sergents déjà l’avaient encerclé
L’âne rua, braya ; tous dans l’effroi,
Reculaient pétrifiés.

C’était un braire de démon ;
On le laissa brouter le chardon.
Et les poules caquetaient et les pies jacassaient
Au mouvement de la queue du baudet.

Alors, Till vînt qui le premier, l’âne considéra.
Il lui donna l’avoine et le monta.
Il bénit les vieilles, les sergents et s’en alla tout droit.
À l’âne, Till dit : Jef, je te baptise et mon ami, tu seras.

Viens Jef, tu n’es plus tout seul à trotter
On est deux à présent à tirer la queue du diable
Un peu plus tard, l’âne broutait, broutait, à l’arrêt.
Till dit : « Moi aussi, j’aimerais me trouver une table ».

Halte, Jef, ne te lamente pas
Tu as comblé ton estomac
N’étaient les taons suceurs
Ce serait le bonheur.

Ainsi, Jef, ne te lamente pas
Chacun a son taon, comme toi,
L’homme à la Sainte Pantoufle et les rois,
Et jusqu’à moi, dont le taon le sang boit.


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