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Till, le roi Philippe et l'âne

Marco Valdo M.I.
Language: French



« Pèlerin pèlerinant ne peut follier de séjour
Seulement par auberges et chemins »
Être fou, je veux bien, mais sans aucun détour
Car pluie ou soleil, chez moi, me ramène mon destin.

Philippe, triste roi consort d'Angleterre,
S'en vînt visiter son prochain héritage :
Hainaut, Brabant, hollande, Zélande et Flandres.
Il vivait à ce moment en son plus bel âge.

Froid était son royal visage
Roide était sa tête louche
Étroit son torse et torses ses jambes
Roide son parler pâteux de laine en bouche

Partout ce ne fut que festoiement
Partout il jura de maintenir les libertés civiles
Mais on vit bien à Bruxelles son faux serment
Sa main se croqua soudain sur l'évangile.

À Anvers, pour un triomphe et force fêtes,
On dépensa tant et plus et plus encore.
Pour le roi, on fit carnavals et cortèges.
Rien n'y fit, Philippe tirait une tête de mort.

La ville fit quérir un fol à Bois-le-Duc.
Connais-tu un tour pour faire rire Philippe le roi ?
Heer Markgrave, j'en tiens plus d'un trempé dans le suc.
Que comptes-tu faire ? Voler en l'air, une fois.

Par les rues, les places, les carrefours, on clama
Sonnant clairons, battant tambours, à haute voix
Aux signorkinnes, aux signorkes, on annonça
Le fol Ulenspiegel sur la place volera.

Till sur son âne, toute la ville, traversa
En robe cramoisie donnée par la commune.
Till et son âne, ornés de grelots et de soie,
Saluèrent bien bas le roi sur son estrade.

Till sur le toit, corneille sur la corniche,
Battait l'air de ses bras, mais il ne volait pas.
Là, il déclara à la foule et au roi :
Je me croyais seul fou, la ville en est pleine.


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