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Einkäufe

Kurt Tucholsky
Language: German

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Related Songs

Weihnachten
(Kurt Tucholsky)
Don Quichotte sauve l'Europe
(Marco Valdo M.I.)
L'été à Pékin
(Marco Valdo M.I.)


[1919]
Versi di Kurt Tucholsky pubblicati - con lo pseudonimo di Theobald Tiger - il 21 dicembre 1919 su “Ulk”, rivista satirica berlinese (che i nazisti chiusero nel 1933, dopo più di sessant’anni ininterrotti di pubblicazione)
Musica di Hanns Eisler
Interpretata da Ernst Busch nel suo disco “Ernst Busch Singt Tucholsky Und BrechtDeutsches Miserere

Ernst Busch Singt Tucholsky Und Brecht – Deutsches Miserere

Insieme a Weihnachten, un’altra “allegra” canzoncina natalizia di Tucholsky: “Che cosa comprerò al piccolo Michel per questo freddo Natale?”

Was schenke ich dem kleinen Michel
zu diesem kalten Weihnachtsfest?
Den Kullerball? Den Sabberpichel?
Ein Gummikissen, das nicht näßt?
Ein kleines Seifensiederlicht?
Das hat er noch nicht. Das hat er noch nicht!

Wähl ich den Wiederaufbaukasten?
Schenk ich ihm noch mehr Schreibpapier?
Ein Ding mit schwarzweißroten Tasten;
ein patriotisches Klavier?
Ein objektives Kriegsgericht?
Das hat er noch nicht. Das hat er noch nicht!

Schenk ich den Nachttopf ihm auf Rollen?
Schenk ich ein Moratorium?
Ein Sparschwein, kugelig geschwollen?
Ein Puppenkrematorium?
Ein neues gescheites Reichsgericht?
Das hat er noch nicht. Das hat er noch nicht!

Ach, liebe Basen, Onkels, Tanten –
Schenkt ihr ihm was. Ich find es kaum.
Ihr seid die Fixen und Gewandten,
hängt ihrs ihm untern Tannenbaum.
Doch schenkt ihm keine Reaktion!
Die hat er schon. Die hat er schon!

Contributed by Bernart Bartleby - 2014/12/15 - 09:13



Language: French

Version française – ACHATS – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson allemande – Einkäufe – Kurt Tucholsky – 1919

Publié – sous le pseudonyme Theobald Tiger – le 21 décembre 1919 sur “Ulk”, revue satirique berlinoise ( que les nazis fermeront en 1933, après plus de soixante ans de publication ininterrompue).
Musique : Hanns Eisler
Interprète : Ernst Busch in « Ernst Busch Singt Tucholsky Und Brecht – Deutsches Miserere »


Un cochon tire-lire rose et gras ?


Tucholsky, évidemment, comment faire autrement ? Tu avais déjà donné une version française de ce Chant de Noël chimiquement corrigé d'Erich Kästner, qu'on apprend encore aujourd'hui en Allemagne dans les bonnes écoles. Deux journalistes, deux poètes, ceux-là. Ça ne m'étonne donc que très peu que tu les suives pas à pas.


Pour tout te dire, Lucien l'âne mon ami, j'aurais bien aimé les rencontrer en ces temps-là. Car de tels journalistes, aujourd'hui, je n'en connais pas et la chose, je pense, s'explique assez bien par l'évolution des journaux et autres grands médias. Il y a là une sorte de banalisation du monde et du discours, une sorte d'industrialisation du travail journalistique. On produit aujourd'hui de l'information comme on produit des vêtements au prix d'une standardisation renforcée et évidemment, au moindre coût. Les journaux de combat ont pour l'essentiel disparu au profit d'organes d'information, au sens orwellien. Mais le filon n'est pas épuisé pour autant ; les textes intéressants passent ailleurs. Heureusement ! La pensée ne peut jamais se soumettre ; elle glisse comme l'eau dans tous les interstices et comme l'eau, elle vient à bout de tous les obstacles. Dans ces Chansons contre la Guerre, par exemple. Bref, ils empruntent d’autres voies. Je nuancerais quand même ceci en disant cela : ni Tucholsky, ni Kästner ne publiaient dans la « grande presse » de leur époque. Ils empruntaient eux aussi déjà des chemins de traverse. Karl Kraus, un Viennois, tenait haut et seul son Fanal.


Arrête-toi là. Je connais tes admirations. Si tu continues, tu vas évoquer Günter Grass. Dis-moi plutôt qui est ce Michel et ce qu'il vient faire dans les chansons contre la guerre.


Lucien l'âne mon ami, je sais que ta question est purement rhétorique et que tu sais aussi bien que moi qui est ce Michel, car on en a déjà parlé ensemble. Néanmoins, précisons qu'il s'agit tout simplement de l'incarnation du petit peuple allemand, de l'Allemagne elle-même, de l'esprit national allemand ou quelque chose dans le genre ou même tout cela à la fois. Finalement, ça dépend des périodes, du contexte, de celui qui en parle. Ici, Tucholsky désigne le peuple allemand, un peuple allemand considéré comme un grand enfant qu'on peut manipuler, ce qui est effectivement le cas à ce moment où les forces politiques sont en pleine effervescence, où le pays est sous tension, où la violence domine les rues. On est en 1919, l'épisode révolutionnaire est passé, la République de Weimar s'est installée en août… On est à la veille de Noël … Et Tucholsky énumère avec ironie toutes sortes de cadeaux (à décrypter, ce qui demande de la réflexion, une connaissance de l'histoire allemande et sans doute un peu de recherche ; mais on n'a rien sans rien... ), c'est-à-dire qu'il énumère tout ce qui est à redresser dans le pays (et qu'on ne fera pas) et dénonce cette réaction déjà en place qui finira par asphyxier la République et qui fera le lit du régime nazi.


Me voilà servi. Au fait, j'ai depuis un bon bout de temps la sensation que cette République de Weimar avait quelque parenté avec l'Union Européenne… Quand on voit ce qu'ils font aux Grecs, par exemple Don Quichotte sauve l'Europe. Pour le reste, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde répétitif, embourbé dans le trop, réactionnaire et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
ACHATS

Que vais-je offrir au petit Michel
Pour cette fête de Noël glaciale ?
Un bavoir ? Un ballon ?
Un coussin en caoutchouc qui ne perce pas ?
Une petite bougie de savon ?
Il n'a pas encore ça. Il n'a pas encore ça !

Choisirais-je la boîte de construction ?
Vais-je encore lui offrir du papier à lettres, des crayons ?
Un objet avec des touches noir-blanc-rouge ;
Un piano patriotique ?
Un conseil de guerre qui ne triche pas ?
Il n'a pas encore ça. Il n'a pas encore ça !

Lui offrirais-je un pot de chambre à roulettes ?
Offrirais-je un moratoire ?
Un cochon tire-lire rose et gras ?
Un joli crématoire miniature ?
Une nouvelle Cour suprême du Reich intelligente ?
Il n'a pas encore ça. Il n'a pas encore ça !

Ah, chers oncles, tantes, cousins –
Offrez-lui quelque chose. J'ai du mal à.
Vous êtes sérieux et malins,
Accrochez-les sous le sapin.
Mais ne lui offrez pas de Réaction !
Il a déjà ça. Ça, il a déjà !

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2015/6/6 - 22:17



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