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Canzone della Piazza d'Armi

Umberto Eco
Language: Italian


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Le déserteur
(Boris Vian)
Ventiquattro megatoni
(Umberto Eco)
El me gatt
(Ivan Della Mea)


Dal "Cantacronache" di Jona e Straniero, CREL/Scriptorium 1995.
C'erano tre sergenti - sull'attenti facevano star
quaranta caporali - diritti come pali
ma poi i caporali bestemmiando come arrabbiati
facevano stare zitti settemila e trentun soldati...

A chi ordinerà qualcosa
il povero soldato
a chi dirà vai là a chi dirà vai qua?
Il povero soldato va e viene disperato
le cose gli succedono non le può comandar...

C'erano due tenenti - sull'attenti facevano star
sergenti e caporali - diritti come pali
e dietro a loro in riga i soldati allineati
formavan dei quadrati molto belli e regolati.

Ma cosa può vedere
il povero soldato?
Lui vede solo teste, solo teste avanti a sé.
Il povero soldato è un punto nel quadrato
se è bello e regolato quel quadrato lui non sa.

C'erano tre generali - sopra il podio allineati
sul podio i generali - sul prato i caporali
guardavano i soldati volteggiare alla perfezione
formando una gran stella che destava ammirazione.

Ma cosa può ammirare
il povero soldato?
Lui sa di camminare, camminare di qui e di là...
Il povero soldato disegna in mezzo al prato
una superba stella che giammai giammai vedrà...

Ma un giorno ci saranno - generali sulla gran piazza
sergenti e generali diritti come pali
marciando tutti in riga una gran stella disegneranno
e gireranno in tondo e cosa fanno non lo sapranno!

Solo potrà vederlo
il povero soldato
seduto sopra il podio tutto quanto ammirerà...
Con gli occhi spalancati finalmente egli scoprirà
che il mondo col suo spettacolo si può vederlo
anche di là!...

Contributed by Alessandro - 2006/8/11 - 13:00



Language: French

Version française – Marco Valdo M.I. – 2009

Dal "Cantacronache" di Jona e Straniero, CREL/Scriptorium 1995.

On connaît l'histoire du soldat; elle est toujours semblable à elle-même; tant que les soldats ne se révoltent pas. C'est une des faces de la Guerre de Cent Mille Ans, celle que de mémoire d'hommes et de femmes, on a toujours connue et qui n'en finit pas de finir. Elle ne finira pas toute seule, croyez-moi, dit Marco Valdo M.I.. C'est aussi mon avis, dit Lucien l'âne. Elle ne finira que le jour où la richesse et les riches auront disparu.
Il y a d'autres solutions pour en sortir, dit Marco Valdo M.I. Tu crois, dit Lucien, l'âne. Sûr, dit Marco Valdo M.I. Et les voici.
Un, le soldat peut mourir, c'est la principale des méthode. Un peu définitive, certes, mais efficace et d'ailleurs, elle est souvent pratiquée. Trop souvent, dit l'âne.
Deux, le soldat peut se suicider; mais on revient au cas précédent.
Trois, le soldat peut déserter et là, deux solutions : il réussit ou on le rattrape, alors, on le suicide, je veux dire on le fusille. On revient aux deux premiers cas.
Quatre, le soldat tue ses officiers et gagne sa révolte (c'est rare, mais ça arrive). En cas d'échec, on le fusille.
Cinq, toute l'armée se rend et c'est la paix. Mais à quel prix ?
Six, les deux armées capitulent en même temps. À part ne pas faire la guerre, c'est la meilleure solution.
Enfin, il reste encore la solution du soldat Chveik: obéir aux ordres, foncer droit devant et passer derrière les lignes ennemies... disparaître et se faire oublier de leur monde...

Et puis, j'avais oublié les mutilations et toutes les ruses, tous les subterfuges pour échapper à la connerie ambiante. Pas toujours facile, mais jouable. C'est parfois, la meilleure solution, dit Lucien. Il y a aussi la fuite pure et simple, la reculade. Avec de la finesse, ça peut marcher.

Umberto Eco parie sur un retournement de situation, un retournement, ne dit-on pas une révolution ?
Mais, dit Marco Valdo M.I., une révolution, ça se prépare, ça se construit... On la tisse, dit l'âne Lucien, comme chantaient les Canuts : “Nous tisserons le linceul du vieux monde...”.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.
CHANSON SUR LA PLACE D'ARMES

Trois sergents maintenaient – garde à vous, arme au pied
Quarante caporaux – dressés comme des mats
Ensuite, les mêmes caporaux en jurant comme des enragés
Faisaient se taire sept mille trente et un soldats

À qui donc le pauvre soldat ordonnera ?
À qui dira-t-il va ici, va là ?
Le pauvre soldat va et vient désespéré
Les choses qui lui arrivent, ils ne peut les commander...

Deux lieutenants maintenaient – garde à vous, l'arme au pied
Sergents et caporaux – comme des mats dressés
Et derrière eux, les soldats, en rangs, bien alignés,
Formaient des carrés très beaux et très réguliers.

Mais que peut penser
Le pauvre soldat ?
Lui, il voit seulement des têtes, des têtes devant soi.
Le pauvre soldat est un point du carré.
Si ce carré est beau et régulier,il ne le voit pas.

Sur le podium alignés – trois généraux.
Les généraux, sur le podium, – sur le pré, les caporaux
Regardaient les soldats manœuvrer à la perfection
Formant une grande étoile qui suscitait l'admiration.

Mais que peut admirer
le pauvre soldat ?
Lui, il sait marcher, marcher d'ici à là...
Le pauvre soldat dessine au milieu du pré
Une superbe étoile que jamais jamais il ne verra...

Mais un jour il y aura – les généraux et les sergents
Sur la grand place, droits comme des mats.
Ils dessineront une grande étoile, en marchant tous en rang,
Et ils tourneront en rond et ce qu'ils font, ils ne le sauront pas !

Seul pourra le voir
Le pauvre soldat
Assis sur le podium, il admirera.
Avec ses yeux écarquillés, finalement il découvrira
Que le monde et son spectacle, on peut le voir
aussi de là ! ...

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2009/5/24 - 18:59




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