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Un noble Rossignol

Giani Esposito
Language: French


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Chanson française - Un noble Rossignol – Giani Esposito - 1968
Un noble Rossignol

Ah, Lucien l'âne mon ami, on ne m'ôtera jamais de l'esprit que Giani Esposito fut un des chanteur, auteur, musicien, acteur, dessinateur, poète, saltimbanque les plus extraordinaires de la chanson de langue française et au-delà. Si, comme Boris Vian, il n'avait été enlevé trop vite par les mains de Dame Nature – sans doute étaient-ils trop séduisants et n'a-t-elle voulu attendre, on ne l'aurait pas ignoré autant... Je dis cela pour situer combien je tiens en estime cette voix venue de nulle part. Peut-être un méchant destin a-t-il voulu le faire taire définitivement... mais comme il se doit, il n'en sera rien. Nous commencerons la (re)découverte par cet incroyable histoire de Rossignols à l'époque Ming... à moins que ce ne soit aujourd'hui. Regarde l'année où il enregistra cette chanson... Mil neuf cent soixante-huit... Un grand millésime.

Ah, Marco Valdo M.I. mon ami, Giani Esposito, je l'ai rencontré sur les chemins de Calabre... Il y a bien longtemps. On a voyagé quelques temps ensemble et sa voix, sa diction, sa scansion qui étaient celles d'un aède – et foi d'âne venu de la plus lointaine et la plus antique Grèce, nous avons des oreilles très sensibles... et j'en ai vu et j'en ai entendu des aèdes. Mais, regarde, réentendre Giani Esposito me fait frissonner toute l'échine. Quant à la chanson...

Ah oui, la chanson..., dit Marco Valdo M.I. Cette chanson du Rossignol à l'époque Ming me rappelle étrangement une autre, venue tout droit d'un monde pétri de poésie, du monde du guerrier blessé, dont le titre est tout aussi surprenant. Il s'agit des Manguiers de Bengalore où passe un oiseau tout aussi mystérieux que ce rossignol. Je t'en dis un extrait pour te convaincre de la bizarrerie de la chose....

« Un oiseau passe
Et par un tour de passe-passe
Transforme la chasse au czar
En chasse au canard
Ou à un perroquet.
Bizarrement muet.

Ce qui doit
Advient ou n’advient pas

L'oiseau royal papal et gai.
Vole au-dessus des manguiers.
Il passe de son vol rasant
Paisible et inconscient.
Entre un corps de czar
Et une balle anticzar.
Mais le perroquet bouclier
Volait parmi les verts manguiers
Du sublime jardin d'apparat
Du merveilleux palais du rajah
Et il n'a pas pu s'interposer
Entre le czar et l'acier.

Ce qui doit
Advient ou n’advient pas »

Je t'entends bien, dit Lucien l'âne et tout cela me paraît extrêmement remarquable et plein de vigueur révolutionnaire. Ce qui me plaît bien, c'est aussi cette déclaration du rossignol (serait-ce toi ?), :

- Que dis-tu rossignol, oiseau de bon augure ?
- J'écris l'Histoire
- Ah oui ! Eh bien, bonne écriture !

Et en tous cas, ça te décrit très bien, toi et tes histoires d'Allemagne...

On retiendra de la chanson qu'elle est un hymne à la liberté, une chanson du rossignol du peuple, celui qui est révolutionnaire... On la croirait faite sur mesure pour les tribulations en Chine et de bien des événements de partout dans le monde... dans le monde d'avant-hier, d'hier, d'aujourd'hui et certainement, de demain et d'après-demain, tant que durera la Guerre de cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour les contraindre à la pauvreté qui est la source de la richesse. Combien de pauvres faut-il pour faire un riches ? Aucun livre d'économie ne le dit... Aucun de nos savants économistes n'ose le dire... Dans le monde comme dans al chanson, les gens (les pauvres, évidemment) ont faim, les gens ont soif (l'eau ne manque jamais qu'aux pauvres...)

« Ils ont tiré en l'air pour nous intim-, intim-, intim-, intimider"
Pour nous intim-, intim-, intim-, intimider"
Bouh bouh bouh ...

Calmement comme on tire au fusil dans la vie
L'un de nous fut blessé par tant de courtoisie.
À mort... ».

C'est, en effet ainsi que cela va dans ce vieux monde attaché à ses richesses et à ses privilèges. Et c'est ainsi que nous, avec patience et obstination, en sens contraire de toutes leurs sirènes, nous tissons le suaire de cette vieille ganache de monde arriviste, ambitieux, avide, avare et cacochyme.

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Un noble rossignol à l'époque Ming
À moins que ce ne fût à l'époque Tsing
Apprenait sur un arbre artificiel
Dans une cage d'or, l'hymne officiel
À la liberté, à la liberté
Ta ta ta ta, la li-, la li-, la li-, la liberté
La li-, la li-, la li-, la liberté
Come me pise sta capoune
Come me pise sta capoune

Ils avaient faim et soif
Ils étaient des milliers
On a tiré en l'air pour les intim-, intim-, intim-, intimider"
Pour les intim-, intim-, intim-, intimider"
Bouh bouh bouh ...

Simplement comme on tire au fusil dans la vie
Mais l'un d'eux se blessa dans sa sauvagerie,
À mort, aussi vrai que la foule est un enfant
Qu'il ne faudrait jamais laisser seul un instant

- Que dis-tu rossignol, oiseau de bon augure ?
- J'écris l'Histoire
- Ah oui ! Eh bien, bonne écriture !

Un rossignol du peuple à l'époque Ming
À moins que ce ne fût à l'époque Tsing
Qui avait le désir d'égayer la Terre
Répondit par un chant révolutionnaire
À la liberté, à la liberté
Ta ta ta ta, la li-, la li-, la li-, la liberté
La li-, la li-, la li-, la liberté
Come me pise sta capoune
Come me pise sta capoune

Nous avions faim et soif
Nous étions des milliers
Ils ont tiré en l'air pour nous intim-, intim-, intim-, intimider"
Pour nous intim-, intim-, intim-, intimider"
Bouh bouh bouh ...

Calmement comme on tire au fusil dans la vie
L'un de nous fut blessé par tant de courtoisie.
À mort, aussi vrai que la foule est trop timide
Et pour tuer, il faut être calme et lucide

- Que dis-tu rossignol, oiseau de bon augure ?
- J'écris l'Histoire
- Ah oui ! Eh bien, bonne écriture !

L'un voulant comme l'autre égayer la Terre
Chacun à son idée et à sa manière
Deux rossignols chantaient à l'époque Ming
À moins que ce ne fût à l'époque Tsing
À moins que ce ne soit au jour d'aujourd'hui

Contributed by Marco Valdo M.I. - 2012/3/22 - 14:40



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