Stéphane Golmann

Chansons contre la Guerre de Stéphane Golmann
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Stéphane GolmannLa voix de Stéphane Golmann perce le silence de l’oubli
Richard Therrien, Le Soleil
21/06/2004
Le Soleil, Raynald Lavoie

Le producteur Pierre Jobin a lancé un double CD du légendaire Stéphane Golmann, aux Oiseaux de passage, en présence de la veuve du fameux artiste, Marcelle Gagnon-Golmann, et d’une cinquantaine d’inconditionnels, dont l’attaché culturel du consulat de France à Québec, Roland Goldner.

Ce n’était pas à un simple lancement de disque, mais à une sorte de résurrection que Pierre Jobin convoquait le Tout-Québec, mardi, aux Oiseaux de passage. C’est du silence de l’oubli que ressurgit le regretté Stéphane Golmann, avec un double CD qui fait revivre la légende du pionnier de Saint-Germain-des-Prés.

« Stéphane Golmann a été le tout premier chanteur-auteur-compositeur français à s’accompagner à la guitare, avant même Félix Leclerc, juste après la guerre. Et quel chanteur ! Et quel compositeur ! Et quel guitariste ! » s’exclame en cascade Pierre Jobin, tout fier de ce nouveau disque des Productions des Oiseaux de passage.


Ce lancement était une jolie manière de souligner la fermeture de la boîte à chansons de la 4e Avenue, dont le dernier spectacle sera donné vendredi et samedi, avec Lawrence Lepage et Steve Normandin. Mais la maison de production de spectacles, de même que la compagnie de disques de Jobin survivront.

Ce double Golmann est d’ailleurs le cinquième CD produit par Jobin, après ceux de Jean-Claude Dranal, Jean-Jacques Bertin, Jean-Marie Vivier et Bruno Brel, les quatre derniers étant enregistrés aux Oiseaux.

Ce n’est évidemment pas le cas du disque de Golmann, mort à Québec en 1987, donc bien avant l’ouverture des Oiseaux. Il s’agit en fait du repiquage de toutes les chansons originales enregistrées par Golmann dans une carrière longue, mais semée de détours et d’arrêts.

Cet aventurier de la musique n’a jamais composé que 80 chansons, dont seulement une cinquantaine furent gravées pour la postérité, sur quatre albums parus en 1952, 1955, 1958 et 1964.

Voici toutes ces chansons enfin réunies, parmi lesquelles les indispensables La Marie-Joseph, Actualités, La Légende du chevalier, La Petite Existentialiste, Le Cheval dans la baignoire, Le Fleuve, Les Comédiens... Une somme !

« Golmann fut un géant, mais un géant qui se moquait du vedettariat. En dehors de la chanson, il a pratiqué divers métiers : journaliste à Londres, employé de l’ONU, tenancier de resto à Saint-Tropez. C’est d’ailleurs là, en 1960, que Pierre Nadeau, de Radio-Canada, l’a découvert et a incité ses patrons à l’inviter à des émissions de radio et de télévision. Quand je l’ai vu chanter pour la première fois à la télé, j’ai été estomaqué, conquis. J’étais d’ores et déjà et pour toujours un fan de Golmann ! Comment pouvais-je alors me douter que des années plus tard, soit à la fin des années 60, je produirais sa toute dernière tournée en sol américain ? » raconte Pierre Jobin avec une sorte de vénération.

C’est grâce à Jobin que Golmann a chanté à l’Institut canadien, en 1961, alors que son éclairagiste était un certain Gilles Vigneault ! Lors de la tournée de 1967, les Québécois ont pu applaudir une dernière fois Stéphane Golman à la Boîte à chansons de Gérard Thibault et à La Résille de l’Université Laval.

C’est à cette époque que le chanteur français a rencontré celle qui allait devenir sa femme, Marcelle Gagnon, avec qui il s’est installé à Québec, où il devait vivre et mourir paisiblement, en 1987. Marcelle Gagnon-Golmann était évidemment présente au lancement d’hier.

Le lancement de ce double CD était d’autant plus souhaité et nécessaire qu’il venait réparer celui fait à la sauvette par les disques Amplitude de Montréal, deux ans après la mort du poète. « Il n’y a eu ni promo, ni rien. L’album n’était accompagné que d’un carton orné d’une simple photo sans commentaire. J’ai donc décidé d’accompagner mon double CD d’un livret de 12 pages en couleurs avec des textes et une galerie de photos, dont une au Procope, le plus ancien cabaret littéraire de Saint-Germain-des-Prés, un lieu réservé aux poètes, où Golmann fut le seul auteur-compositeur à jamais chanter.

Il a aussi été le seul artiste populaire à enregistrer sur la prestigieuse étiquette classique Erato », se souvient un Pierre Jobin intarissable.

Détail crucial pour les adorateurs de Stéphane Golmann : son double CD n’est tiré qu’à 250 exemplaires. Pour de plus amples informations, on s’adresse aux Oiseaux de passage.


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