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Lumpenlied

Erich Mühsam
Lingua: Tedesco

Lista delle versioni e commenti


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(Erich Mühsam)


[1909]
Versi di Erich Mühsam, nella raccolta intitolata “Wüste, Krater, Wolken” pubblicata nel 1914.
Musica di Béla Reinitz (1878-1943), compositore, militante della sinistra magiara.
Nella colonna sonora del film “Mephisto” diretto nel 1981 dal regista ungherese István Szabó, interpretato da Klaus Maria Brandauer, da un racconto di Klaus Mann.
Più recentemente messa in musica da Frank Spilker e Knarf Rellöm.


Mephisto, una scena del film.
Mephisto, una scena del film.


Una canzone in stile cabarettistico che Mühsam scrisse all’epoca del suo soggiorno a Monaco, dove fondò una cellula socialista rivoluzionaria chiamata “Gruppe Tat” con cui si prefiggeva di coscientizzare e coinvolgere nel processo rivoluzionario il cosiddetto “Lumpenproletariat”, il sottoproletariato urbano. L’esperimento fallì, anche perché i “lumpen” non erano tanto interessati alla propaganda socialista quanto al cibo e alle bevande disponibili durante i meeting del Tat…
E infatti questa canzone, benchè ironica, è anche molto amara perché alla dissacrante visione di una borghesia avida, ipocrita e nazionalista (la stessa che avrebbe consegnato la Germania nelle grinfie dei nazisti) si accompagna anche la disillusione rispetto alla capacità delle classi subalterne di esprimere solidarietà e coscienza politica, anche se per Mühsam la colpa non è loro ma del sistema capitalistico, così ben congegnato e difficile da intaccare…
Kein Schlips am Hals, kein Geld im Sack.
Wir sind ein schäbiges Lumpenpack,
Auf das der Bürger speit.
Der Bürger blank von Stiebellack,
Mit Ordenszacken auf dem Frack,
Der Bürger mit dem Chapeau claque,
Fromm und voll Redlichkeit.

Der Bürger speit und hat auch recht.
Er hat Geschmeide gold und echt -
Wir haben Schnaps im Bauch.
Wer Schnaps im Bauch hat, ist bezecht,
Und wer bezecht ist, der erfrecht
Zu Dingen sich, die jener schlecht
Und niedrig findet auch.

Der Bürger kann gesittet sein,
Er lernte Bibel und Latein.
Wir lernen nur den Neid.
Wer Porter trinkt und Schampus-Wein,
Lustwandelt fein im Sonnenschein,
Der bürstet sich, wenn unserein
Ihn anrührt mit dem Kleid.

Wo hat der Bürger alles her:
Den Geldsack und das Schießgewehr?
Er stiehlt es grad wie wir.
Bloß macht man uns das Stehlen schwer.
Doch er kriegt mehr als sein Begehr.
Er schröpft dazu die Taschen leer
Von allem Arbeitstier.

O, wär ich doch ein reicher Mann,
Der ohne Mühe stehlen kann,
Gepriesen und geehrt.
Träf ich euch auf der Straße dann,
Ihr Strohkumpane, Fritz, Johann,
Ihr Lumpenvolk, ich spie' euch an.
Das seid ihr Hunde wert!

inviata da Bernart Bartleby - 18/3/2014 - 11:20




Lingua: Italiano

Versione italiana di Francesco Raucea.

Non tra le cose migliori del grande Eric: non mi piace la dichiarata manifestazione d'invidia finale. [FR]
CANTO DEGLI STRACCIONI

Non abbiamo cravatta al collo, né denaro in saccoccia.
Siamo una squallida marmaglia,
su cui I'onesto cittadino sputa,
quel cittadino in nerofumo di lacca in polvere,
con medaglie sul frack,
con tanto di cappello, a cilindro ma schiacciabile,
colmo di religione e di probità.

Quel cittadino sputa ed ha anche ragione,
ha catena dell'orologio d'oro puro,
mentre noi abbiamo grappa in pancia.
Chi ha grappa in pancia è sbronzo,
E chi è sbronzo si presta per cose,
che i più trovan spregevoli e cattive.

Il cittadino può essere civilizzato,
ha studiato la Bibbia ed il latino,
mentre noi apprendiamo solo l'invidia.
Chi beve Porter e vino frizzante,
ha ben motivo d'esser allegro sotto il sole:
subito si spazzola quando inavvertitamente
lo sfioriamo col vestito.

Ma dov'ha il cittadino trovato
quel sacco di soldi e le sue armi da fuoco?
Egli ruba giusto come noi
e tanto per renderlo a noi più difficile.
Ma lui ottiene più della sua aspettativa,
perché scarnifica le tasche
di tutti i lavoratori-fissi.

Oh, quanto ricco sarei anch'io
potendo rubare senza difficoltà,
magari anche lodato e onorato.
Incontrando per strada Voi, Fritz, Johann,
ora compagni di pagliericcio,
com'anch'io Vi eviterei,
sputandoVi addosso, straccioni!
.... tanto i Vostri cani lo apprezzeranno.

inviata da Francesco RAUCEA - 22/4/2017 - 19:15




Lingua: Francese

Version française – CHANT DU LUMPEN – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson allemande – Lumpenlied – Erich Mühsam – 1909

Texte d'Erich Mühsam, dans le recueil “Wüste, Krater, Wolken” publié en 1914.
Musique de Béla Reinitz (1878-1943), compositeur, militant de la gauche hongroise.
Dans le film “Mephisto” (1981) du réalisateur hongrois István Szabó, interprété par Klaus Maria Brandauer, tiré d'un récit de Klaus Mann.
Plus récemment mis en musique par Frank Spilker e Knarf Rellöm.

Une chanson dans le style cabaret qu'Erich Mühsam [http://labouchedefer.free.fr/spip.php?article51] écrivit à l'époque de son séjour à Munich, où il fonda un groupe socialiste révolutionnaire appelé « Gruppe Tat » avec lequel il entendait conscientiser et impliquer dans le processus révolutionnaire le « Lumpenproletariat », le sous-prolétariat urbain. L'expérience échoua, car les « lumpens » n'étaient pas vraiment intéressés par la propagande socialiste autant qu'à la nourriture et aux boissons disponibles pendant le meeting du Tat…
Et en effet cette chanson,quoique ironique, est en même temps très amère, car à la désacralisante vision d'une bourgeoisie avide, hypocrite et d'un nationalisme (le même qui livrera l'Allemagne aux nazis) se joint même la déception par rapport à la capacité des classes subalternes d'exprimer solidarité et conscience politique, même si pour Mühsam la faute n'est pas la leur mais celle du système capitaliste, si séduisant en apparence et difficile à attaquer…

N'était-ce pas ce même Erich Mühsam qu'on croise dans « Mon Siècle » de Günter Grass et qu'on a croisé dans tes Histoires d'Allemagne en 1934 Erich Mühsam, poète, anarchiste et assassiné ? J'en ai gardé un souvenir aigu, dit Lucien l'âne en balançant sa tête noire.

Très juste, c'est bien de lui qu'il était question et il me plaît de rappeler ainsi au jour cette chanson, qui, souviens-t-en, relate le supplice et l'exécution d'Erich Mühsam par les nazis au camp de concentration d'Orianenburg. Après l'avoir torturé, face à son implacable résistance (Ora e sempre : Resistenza !), ils finiront par le pendre dans la nuit du 9 au 10 juillet 1934, connue sous le nom de la Nuit des Longs Couteaux. Mais cette fois, c'est le poète, chansonnier, auteur Mühsam qu'il m'est donné de traduire et ce n'est là qu'un début... Car Mühsam comme bien d'autres et sans doute, plus encore que bien d'autres, est un de ces auteurs que couvre une mystérieuse chape de silence. Une première explication m'avait été donnée par Carlo Levi, lui qui mena la résistance au régime fasciste pendant près de vingt-cinq ans et au fascisme, le reste de son existence. Carlo Levi signalait le fait que les opposants à un régime sont triplement pénalisés : une première fois dans leur pays comme opposants (résistants, terroristes...), une seconde fois comme exilés, et une troisième fois en exil comme ressortissants d'un pays disons dictatorial ou même, démocratique ou prétendument tel... Et là, ils sont doublement suspects puisqu'en plus de les regarder comme des ressortissants de leur pays d'origine et donc de son régime, on les considère également comme de dangereux subversifs. Et de surcroît, pas seulement, cela je l'ajoute, pendant que dure le régime, mais bien au-delà. Leurs livres, leurs œuvres, leurs écrits sont interdits, confisqués et souvent brûlés ou détruits... et sont ainsi plongés dans un oubli volontaire. Pour certains, on va jusqu'à tenter de faire disparaître jusqu'à la moindre trace de leur existence... Ce qui fait que l'ostracisme qui les a frappé se perpétue. C'est là aussi une excellente raison de faire l'effort de les faire resurgir du néant... D'autant plus que si on les avait poursuivis, massacrés, si on avait tenté de les effacer du monde, c'est précisément car ils pensaient, parce qu'ils disaient des choses intéressantes, parce que ce qu'ils disaient était porteur d'intelligence, de compréhension du monde. Parce que, volens nolens, ils s'insérent dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'accroître leurs richesses (on le voit très clairement actuellement...), d'affermir leur pouvoir, d'étendre leur domination, d'imposer leur vision du monde, laquelle est d'un infantilisme consternant et dément. Tellement dément qu'il met en cause la vie-même de l'espèce humaine. Je m'explique : au cœur de la guerre de cent mille ans, on trouve ce qui est en quelque sorte son moteur et cette machine infernale, c'est l'avidité qui pour se satisfaire a besoin d'une croissance constante et donc, infinie de la richesse et des éléments matériels de son mode et de son niveau de vie. Et cette boulimie d'enfant gâté de la nature nous conduit tout droit au suicide collectif et semble-t-il dans pas trop longtemps...

Voilà qui est réjouissant, dit l'âne Lucien... Et personne ne fait rien pour l'empêcher ?

La réponse que je pourrais te donner n'est pas très encourageante. Elle tient en une question : Comment amener une espèce composée d'une forte composante d'enfants pourris gâtés, comme le bébé de la chanson de Rossini La Chanson du Bébé , à renoncer à leur nanan ?

C'est bien ça... Et ça ressemble vraiment à une mission impossible... En fait, j'ai bien l'impression qu'on ne peut rien faire ; c'est un train fou et nous en sommes les voyageurs. Il ne nous reste qu'à refuser de participer à l'orgie et de notre côté, à tisser tranquillement mais obstinément le linceul de ce monde horriblement avide, absurde, ambitieux et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
CHANT DU LUMPEN

Pas de cravate au cou, pas d'argent dans le sac.
Nous sommes le miteux Lumpenpack,
Sur quoi les bourgeois crachent.
Le bourgeois blanc de Stiebellack,
Avec ses décorations sur son frac,
Le bourgeois au chapeau claque,
Pieusement et parfaitement honnête.

Le bourgeois qui crache est très convenable.
Il a des bijoux en or véritable -
Nous, on a du schnaps dans le ventre.
Et ça nous soûle ce schnaps dans le ventre,
Et celui qui est saoul ose des choses,
Qu'on trouve mauvaises
Et même aussi basses.

Le bourgeois est bien élevé,
Il a appris la bible et le latin.
Nous n'apprenons que l'avidité.
Il boit des Schwarzbiers et des grands vins,
Il flâne au soleil agréablement,
Et il s'époussette, quand un indigent
Frôle son vêtement.

Où le bourgeois a-t-il pris :
Son sac d'argent et ses fusils ?
Comme nous, il vole les gens.
Mais à nous seulement, on l'interdit.
Pourtant, il prend plus que son content.
Et puis, il faut voir comme
Il rançonne les pauvres pommes.

Oh, je ferais bien l'homme riche,
Qui vole et qui triche,
Estimé et reconnu.
J'écarterais de mon chemin,
Fritz, Johann, vos hommes de main
Votre peuple de chiffons, je vomis dessus.
Ils méritent bien ça vos chiens !

inviata da Marco Valdo M.I. - 20/3/2014 - 20:36


cara francesca. non si tratta di invidia quella espressa nella canzone ma di satirica. mühsam spesso con le sue poesie ha suscitato sdegno peche´sono state capite male. con la frase finale intende che ( esattamente come da brecht seeräuber-johnny) che i poveri se potessero sarebbero esattamente cosi´egoisti e sfruttatori come i ricchi se potessero. almeno questo e´un tipico pensiero di mühsam ,brecht e anche hasek

zampadiluce@virgilio.it - 11/1/2019 - 15:05



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