Lingua   

Tout va très bien, Madame la Marquise

Ray Ventura et les Collégiens


Lingua: Italiano


Ti può interessare anche...

Le général dort debout
(Jean Féline)
I Pompieri di Viggiù
(Gigliola Cinquetti)
I han es Zündhölzli azündt
(Mani Matter)


Tout va très bien, Madame la Marquise

Chanson française – Tout va très bien, Madame la Marquise – Ray Ventura et les Collégiens – 1935

Paroles : Paul Misraki & Bach et Laverne
Musique: Paul Misraki 

Munich 1938 – Tout va très bien , Madame la Marquise
Munich 1938 – Tout va très bien , Madame la Marquise


Lucien l'âne mon ami, connais-tu ce petit refrain qui enchanta la France au point d'être une scie à l'égal du Petit Chemin de Mireille et Jean Nohain et que je m'en vais illico te fredonner, on verra si tu suis et si tu m'emboîtes le pas.

« Tout va très bien...
...Madame la Marquise. Tout va très bien tout va très bien... ».

Évidemment que je le connais. Ici, tout le monde le connaît, même si on ne se rappelle plus trop la suite et les détails. C'est devenu une phrase qu'on utilise à tout propos et de façon certainement ironique. Généralement, quand, de fait, cela ne va pas très bien et même, pas bien du tout.

Tout va très bien Madame la Marquise est devenu une expression proverbiale pour désigner une attitude d'aveuglement face à une situation désespérée ou désespérante, c'est tout comme.

Tout va tres bien

L’histoire que raconte la chanson, tu la connais donc ; une marquise sans doute épouse d'un vieux marquis fort argenté est absente du château conjugal et passe quelques jours probablement à Paris. Elle téléphone pour prendre des nouvelles et de Tout va très bien en Tout va très bien, les serviteurs lui annoncent par bribes et morceaux que sa jument est morte, que l'écurie a flambé, que le château y est passé lui aussi, tout comme le marquis qui suicidé et enfin, qu'elle est ruinée...

Oui, oui, en effet, je connais bien cette histoire et j'ai toujours eu comme le sentiment qu'elle devait raconter autre chose que ce qu'il semblait et que si ce n'était pas le cas à l'origine, elle fut ressentie ainsi – même inconsciemment – par les auditeurs...

Certes, Lucien l'âne mon ami, ton sentiment est fort juste. Quand la chanson paraît sur les scènes, les disques et les ondes françaises, on est en 1935. Au cœur d'années tumultueuses et dans un monde aux allures telluriques. Dans un certain sens, avec le recul, on peut même la considérer comme prophétique... Quatre ans plus tard avec entre deux la Guerre d'Espagne, l'Anschluss, l'invasion de la Tchécoslovaquie, l'invasion de la Pologne... toute l'Europe est en flammes avant d'enflammer le reste du monde. Quant à ses manières prophétiques, par exemple, les négociateurs de Munich sont assez bien portraiturés par cette chanson. À Munich, tout le monde chante « Tout va très bien Madame la Marquise »... Tout va très bien, en effet, mais pour qui ? C'est vrai que certaines chansons finissent par connaître un destin imprévisible et signifier tout autre chose que ce qu'elles étaient censées exprimer au départ ; je retiendrai deux exemples : Le temps des cerises de Clément et celle-ci. Elle trouva rapidement un emploi politique dans l'acide comique de Pierre Dac : « Tout va très bien Mon Führer » – Hitler venait de perdre Stalingrad.

Mais au fait, d'où est-elle venue cette chanson, dont on dit que son auteur n'était pas sans avoir pêché son inspiration chez d'autres...

En effet, Paul Misraki l'a écrite pour l’orchestre de Ray Ventura, dont il faisait partie, mais très rapidement, les fantaisistes Bach et Laverne firent valoir leur antécédence. Donc, comme tu le vois, l'affaire n'est pas simple et d'aucuns y ont vu successivement l'origine dans un sketch de Bach et Laverne datant du début des années 1930, lui-même inspiré d'une pièce de théâtre en un acte de Gabriel de Lautrec (1893) ; on y a vu la patte de Ponson du Terrail, d'Alexandre Dumas... Peut-être même d'Alphonse Allais... D'autres en font remonter l'origine à une histoire connue en Autriche un siècle auparavant et ainsi de suite, de région en région, de période en période, on finit au Portugal vers 1100... Arrêtons-nous là... Cela dit, elle est toujours là et reprise régulièrement par des interprètes les plus divers. En quelque sorte, c'est devenu un standard.

Une dernière chose, Marco Valdo M.I., mon ami, je crois bien qu'on pourrait la proposer aux Grecs cette chanson (au deuxième degré et avec des pincettes), et REGARDEZ CE QU'ILS FONT AUX GRECS, ILS VOUS LE FERONT BIENTÔT, on pourrait tout aussi bien la seriner à l'Europe qui fonce droit dans le mur... Tant on a l'impression d'être dans un « remake » de 1938, tant on sent planer sur le continent l'inquiétant « rêve d'Otto » (von Bismarck). Si les pauvres d'Europe n'obligent pas certains à aller demain à Canossa, on pourrait en voir retourner à Munich en chantant bien évidemment « Tout va très bien Madame la Marquise ». Certains chefs d'état et de gouvernement, certains dirigeants européens, certains dirigeants d'institutions, la chante en chœur cette chanson. « Tout va très bien », pour Qui ? Pour les riches, pardi. On renfloue les banques et les pertes des riches avec des impositions qui touchent les pauvres... C'est encore une fois un de ces épisodes de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres. Alors, Marco Valdo M.I., tissons le linceul de ce vieux monde qui se berne lui-même et qu'on baigne dans un doucereux optimisme. Ce vieux monde furieusement trompeur, manipulateur, lénifiant et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

Allô ! Allô ! James ! Quelles nouvelles ?
E suis absente depuis quinze jours,
Au bout du fil je vous appelle.
Que trouverai-je à mon retour?

Tout va très bien,
Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien
Pourtant il faut,
Il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien,
Un incident,
Une bêtise,
La mort de votre jument grise.
Mais à part ça,
Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien

Allô ! Allô ! Martin! Quelles nouvelles ?
Ma jument grise morte aujourd'hui?
Expliquez-moi, cocher fidèle
Comment cela s'est-il produit ?

Cela n'est rien,
Madame la Marquise
Cela n'est rien,
Tout va très bien.
Pourtant il faut,
Il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien.
Elle a péri
Dans l'incendie
Qui détruisit vos écuries.
Mais à part ça,
Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien

Allô ! Allô ! Pascal! Quelles nouvelles ?
Mes écuries ont donc brûlé ?
Expliquez-moi, mon chef modèle
Comment cela s'est-il passé ?

Cela n'est rien,
Madame la Marquise
Cela n'est rien,
Tout va très bien.
Pourtant il faut,
Il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien.
Si l'écurie brûla, madame
C'est que le château était en flammes
Mais à part ça,
Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien

Allô ! Allô ! Lucas! Quelles nouvelles ?
Notre château est donc détruit ?
Expliquez-moi, car je chancelle.
Comment cela s'est-il produit ?

Eh bien ! voilà madame la Marquise.
Apprenant qu'il était ruiné,
À peine fut-il revenu de sa surprise
Que Monsieur le Marquis s'est suicidé,
Et c'est en ramassant la pelle
Qu'il renversa toutes les chandelles
Mettant le feu à tout le château
Qui se consuma de bas en haut.
Le vent soufflant sur l'incendie
Le propagea sur l'écurie,
Et c'est ainsi qu'en un instant
On vit périr votre jument.
Mais à part ça,
Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien

inviata da Marco Valdo M.I. - 10/1/2013 - 22:40




Lingua: Italiano

La versione italiana interpretata da Nunzio Filogamo
TUTTO VA BEN MADAMA LA MARCHESA

Hallo Battista, che c'è di nuovo, cos'è accaduto dite un po'
voglio sapere che cosa trovo, quando al castel ritornerò;

Tutto va ben madama la marchesa, tutto va ben va tutto ben
però l'attende forse una sorpresa che dir non posso fare a men
un incidente, fatal destino, è morto il suo bel cavallino
a parte ciò madama la marchesa va tutto ben va tutto ben

Hallo hallo, Marcel che cosè stato, il mio caval come morì?
ditemi orsù servo fidato, quale disgrazia lo colpì

Tutto va ben madama la marchesa, tutto va ben va tutto ben
però l'attende ancora una sorpresa, che dir non posso fare a men
morì il cavallo per asfissia, che si incendiò la scuderia
a parte ciò madama la marchesa, va tutto ben, va tutto ben.

Hallo, hallo John, ma com'è andata? la scuderia chi mi incendiò?
tu sei per me, servo fidato, questa disgrazia come andò?

Tout va tres bien, madama la marchesa, Tout va tres bien Tout va tres bien
però l'attende ancora una sorpresa, che dir non posso fare a men
una scintilla varcò il cancello, dal tetto in fiamme del castello
- ma va ...??? - madama la marchesa, tout va tres bien tout va tres bien

Hallo Giuseppe, servo zelante, il mio castello si incendiò
parlate orsù son trepidante, non state lì tra il sì e il no

Le spiegherò madama la marchesa, c'erano i ladri nel castel
la sua parure di zaffiri hanno presa, insieme a tutti i suoi gioiel
fuggendo un ladro rovesciò una candela sul comò
fece del mobile un falò così il castello si incendiò
le fiamme il vento propagò ad alle stalle l'appiccò
e fu così che dopo un po' il suo cavallo si asfissiò

ma a parte ciò madama la marchesa va tutto ben va tutto ben

10/1/2013 - 22:48




Lingua: Francese

La parodia antinazista di Maurice Van Moppès, da “Chansons de la BBC”
Testo trovato sul sito del Museo della Resistenza di Chateaubriant

Chansons de la BBC

Maurice Van Moppès (1904-1957) è stato pittore, illustratore, scenografo e cantautore. Infermiere militare durante la Seconda Guerra mondiale, raggiunse De Gaulle a Londra e lì intervenne spesso alla trasmissione della BBC "Les français parlent aux français". Scrisse alcune canzoni su melodie molto note o popolari, con lo scopo di denigrare l'occupante nazista e incoraggiare la Resistenza. Quelle canzoni, da lui stesso illustrate, furono stampate in un piccolo pamphlet intitolato “Chansons de la BBC” che nel 1944 la RAF disperse su molti territori francesi. Il retro della brochure recava la frase “Les chansons que vous avez entendues à la radio vous sont apportées par vos amis de la RAF”
TOUT VA TRÈS BIEN

HITLER :
Allo ! Goebbels ! Quelle nouvelle ?
Absorbé dans mes intuitions
Au bout du fil Adolf t'appelle
Donne moi toutes les informations.

GOEBBELS :
Tout va très bien mon vénéré Führer,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il y a un tout petit revers
On déplore un tout petit rien
C'est ce pauvre Mussolini
Qu'a perdu l'Empire d'Italie.
Depuis que Rommel a quitté la Libye.
Mais à part ça, tout va très bien.

HITLER :
Allo ! Goebbels ! Quelle nouvelle ?
Mon pauvre Rommel écrabouillé !
Explique-moi
Mon cher Goebbels
Dis-moi tout ce qui s'est passé.

GOEBBELS :
Cela n'est rien mon vénéré Führer,
On croyait tenir Alexandrie,
Musso était tout prêt d'entrer au Caire.
Les Anglais entrent en Tunisie
Et les Français, Et les Alliés,
Nous attaquent de l'autre côté.
Mais à part ça, mon vénéré Führer,
Tout va très bien, tout va très bien.

HITLER :
Allo ! Goebbels ! Quelle nouvelle
Que fait donc mon Africa Korps ?
Explique-moi, Goebbels fidèle,
Serions-nous donc frappés à mort ?

GOEBBELS :
Cela n'est rien mon vénéré Führer,
C'est que nous manquons un peu de soldats,
Étant battus en Russie tout l’hiver
Nos effectifs ne sont plus gras.
Il y a Paulus
Pris par les Russes,
Et le Caucase
N'est plus cocasse.
Mais à part ça, mon vénéré Führer,
Tout va très bien, tout va très bien.

HITLER :
Allo, allo Goebbels ! Quelle nouvelle ?
Nos armées seraient donc battues ?
Explique-moi, car je chancelle,
Serions-nous donc vraiment foutus ?

GOEBBELS :
Eh bien voilà mon vénéré Führer,
Les Anglais qui bombardent Berlin,
Prépare déjà un second front sur terre
Sur le continent européen

***

De Léningrad à Stalingrad
La Reichswehr en prend pour son grade.
Les Russes continuent leur galop.

inviata da Bernart Bartleby - 10/8/2017 - 11:19


Pagina principale CCG

Segnalate eventuali errori nei testi o nei commenti a antiwarsongs@gmail.com




hosted by inventati.org