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Escurial

Marco Valdo M.I.
Lingua: Francese


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Escurial

Canzone léviane – Escurial – Marco Valdo M.I. – 2009

Cycle du Cahier ligné – 24

Escurial est la vingt-quatrième chanson du Cycle du Cahier ligné.


Escurial, Escurial... Que vient faire ici l'Escurial ? J'ai participé à sa construction, à ce palais d'une tristesse infinie, en forme de grille, en forme de prison, dit Lucien l'âne.

Mais enfin, dans cette histoire de prison, de prisonnier, de songes glacés, l'Escurial convient parfaitement comme décor, comme représentation de l'horreur onirique.

Les rêves, les cauchemars des prisonniers transbahutent les images du délire de l'enfermement. La nuit souffle le vent de folie.

Pour le prisonnier, qui voit du dedans de son Escurial des bribes de la vie extérieure, le dehors devient obsession. Dehors est le seul monde possible... Comprenons : le seul monde où la vie vivante est possible. Et pour lui, en attendant de le rejoindre, il convient de résister, résister, résister encore . Ora e sempre : Resistenza !

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.
Dedans, mon triste Escurial
Dedans, mon demi-sommeil gris,
Dedans, ce monde glacial.
Dedans, cet enfer à vie.
Dedans déjà le noir s'épure.
Du gris au rouge à l'orange au vert
Au jaune jusqu'à la blancheur de l'azur.
Dans le couloir désert,
Job crie à l'injustice sur son tas de fumier,
Mais pour son chant d'ouverture,
Le coq ne peut même pas y monter.
Enfoui sous les couvertures,
Coloré par les feux froids des banquises,
Avec les poils collés au torse
Ébouriffés avec grâce par la bise,
Je reviens d'une chasse au morse.
Dehors, la terrasse goutte sur les briques
D'une fenêtre ouverte; une automobile bouge.
Une fenêtre verte, une automobile rouge.
C'est l'heure de la visite à la clinique obstétrique.
Un homme emporte un enfant dans une couverture,
Et quatre femmes descendent de la voiture.
Sur la place règnent les gitanes,
Gestes furtifs et sauvages, jupes multicolores.
Elles font une sardane.
Animant de leurs corps
L'enchantement d'un instant inexistant.
Lorgnette - lunettes du serpent.
Le Naja n'a pas la vue aérienne.
Morceaux de peintures anciennes,
Photographies fixées dans le réel.
C'est l'univers des oiseaux du ciel,
qui ont la tête foraine.
Dehors sur les rives du Grand Canal,
Sur les quais de Seine
Loin de mon triste Escurial
Les lumières miroitent, se multiplient,
Et atteignent l'hystérie.
Dehors, c'est le triomphe du serpent,
Et de l'oiseau cinématographique,
Qui fait défiler son rosaire énigmatique
De grains sonnants.

Dedans, mon triste Escurial
Dedans mon demi-sommeil gris,
Dedans, ce monde glacial.
Dedans, cet enfer à vie.
Dehors, dehors, dehors,
Dehors, vision extensible
Dehors, dehors, dehors,
Dehors, seul monde possible.
Dehors, seul monde possible.
Dehors, dehors, dehors,
Dehors, dehors, dehors,
Dehors, dehors, dehors....

inviata da Marco Valdo M.I. - 17/6/2009 - 15:44



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