Langue   

La légende de la nonne

Georges Brassens


Langue: français


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brasschat
[1956]
Testo: Poesia di Victor Hugo
Paroles: Poème de Victor Hugo
Album: Je me suis fait tout petit

La Légende de la Nonne
Chanson française – Georges Brassens – 1956

Donc, voilà, j'avais promis à Ventu, Bernart et aux autres amis de leur offrir – en extra ou pas, cette Légende de la Nonne... Je disais ainsi  (j'en profite pour corriger mes petites fautes de frappe...):

Quelle magnifique traduction de notre ami Ventu !
Que nous aurait-il fallu de plus ?
Il y a ajouté un commentaire de haute volée
Comment dire notre joie inégalée
Je m'en vais lui tresser des lauriers
Car un âne ne pourrait l'embrasser
Et lui offrir en premier à lui
Puis à Bernart et à tous les amis
La Légende de la Nonne
Et cette vengeanc divine qui tonne
Que Tonton Georges, le bon homme
Reprit du Père Hugo, en somme.

Cordial

Lucien Lane

La voici donc, cette chanson qui – une fois qu'on l'a entendue, jamais ne vous quitte plus. Elle est en quelque sorte empreinte d'une magie de sorcière et s'installe pour toujours dans l'oreille et l'esprit. Et moi qui fut, in illo tempore, initié aux plus grands mystères de l'Orient, c'était à Éleusis, entouré des fumées sacrées et engourdi des élixirs dont on m'avait abreuvé, j'en sais un bout en ce qui concerne le sacré, les magies et les sorcières. Pour ce qui est des sorcières, j'en tombe immanquablement amoureux et bien sûr qu'il y a là une bonne part de mon amour déraisonné pour Padilla.

Ne t'en inquiète pas trop, âne Lucien mon ami, laisse-toi bercer par le rêve d'Eros.

« Va, les tendres soucis, les langueurs, les ivresses,
La volupté des pleurs, l’âcreté des caresses,
Ces flèches de son arc, ces feux de ses autels,
Ces mille maux si doux, enfant, sont immortels ! » (Éleusis)


Cependant, Lucien l'âne mon ami, je commence à me poser certaine question..., dit Marco Valdo M.I. avec un certain coin de sourire dans l’œil, un éclair … N'était-ce pas toi, ce brigand...

Malheureusement, Marco Valdo M.I. mon ami, malheureusement, non ! Rigoureusement, non ! Et crois bien que je le regrette et que je le regretterai toujours... Ce n'est pas moi le brigand... Oh, comme j'aurais aimé l'être et tant pis, être foudroyé dans le baiser de Padilla... Mais le Bon Dieu n'a pas voulu que je la connaisse... Que dire si ce n'est qu'en mon cœur, Padilla vit encore et quand je pense à elle, c'est un peu comme Tonton Georges pense à Fernande...

Mais enfin, Lucien l'âne mon ami... T'as beau être beau, t'as beau être un âne...
 La Légende de la Nonne
Je sais, je sais... Je ne devrais pas le dire... Mais qui peut savoir ce qu'en penserait Padilla... Pour en revenir à la canzone et à cette étrange coutume des « extras des CCG », il me paraît que celle-ci mérite de figurer de plein droit dans les Chansons contre la Guerre, car c'en est une. Je m'explique. Dans la Guerre de Cent Mille Ans, qui comme tu le sais, est la Guerre des Guerres, celle qui les contient toutes et sous toutes leurs formes, la guerre religieuse, comprends bien ceci, Marco Valdo M.I. mon ami : la guerre que les religions font aux hommes, aux femmes afin d'assurer la soumission de tout un chacun au pouvoir – qui est toujours celui des riches et des puissants ou de ceux qui y aspirent ou la soumission à sa figure mythique qu'est Dieu (en ce compris toutes les simagrées que cette soumission suppose – perinde ac cadaver), cette guerre des religions contre les hommes (On vit, on mange, on boit, on baise et puis on meurt, vous ne trouvez pas que c'est charmant et que ça suffit à notre bonheur...) et bien évidemment, contre les femmes, cette guerre de la religion est partie intégrante et fondatrice de la Guerre. Et dès lors, cette foudre qui s'en vient frapper Padilla en son rendez-vous d'amour est foudre de guerre. C'est aussi foudre d'un vieux jaloux, envieux de cette trop belle fille et de son amant:

« Comme si, quand on n'est pas laide
On avait droit d'épouser Dieu »


Nom de Zeus, ils sont tous les mêmes..., dit Marco Valdo en riant.

Ainsi, on ne peut raisonnablement venir à bout de la Guerre sans éradiquer les religions... Enfin, c'est ce que j'en pense, moi, Lucien l'âne amoureux de Padilla.

Tu n'es pas le seul à penser ainsi... Nous sommes au moins deux...

Et voici encore une raison pour tisser le linceul de ce vieux monde religieux, bigot, tordu, méchant, jaloux et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

J'allais oublier de leur offrir également le poème originel du Père Hugo, tel que publié pour la première fois en avril 1828. Ils pourront ainsi voir comment Brassens l'a transformé en chanson.
Venez, vous dont l'œil étincelle
Pour entendre une histoire encor
Approchez: je vous dirai celle
De doña Padilla del Flor
Elle était d'Alanje, où s'entassent
Les collines et les halliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Il est des filles à Grenade
Il en est à  Séville aussi
Qui, pour la moindre sérénade
A l'amour demandent merci
Il en est que parfois embrassent
Le soir, de hardis cavaliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Ce n'est pas sur ce ton frivole
Qu'il faut parler de Padilla
Car jamais prunelle espagnole
D'un feu plus chaste ne brilla
Elle fuyait ceux qui pourchassent
Les filles sous les peupliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Elle prit le voile à  Tolède
Au grand soupir des gens du lieu
Comme si, quand on n'est pas laide
On avait droit d'épouser Dieu
Peu s'en fallut que ne pleurassent
Les soudards et les écoliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Or, la belle à  peine cloîtrée
Amour en son cœur s'installa
Un fier brigand de la contrée
Vint alors et dit : "Me voilà !"
Quelquefois les brigands surpassent
En audace les chevaliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Il était laid : les traits austères
La main plus rude que le gant
Mais l'amour a bien des mystères
Et la nonne aima le brigand
On voit des biches qui remplacent
Leurs beaux cerfs par des sangliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

La nonne osa, dit la chronique
Au brigand par l'enfer conduit
Aux pieds de Sainte Véronique
Donner un rendez-vous la nuit
A l'heure où les corbeaux croassent
Volant dans l'ombre par milliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Or quand, dans la nef descendue
La nonne appela le bandit
Au lieu de la voix attendue
C'est la foudre qui répondit
Dieu voulu que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Cette histoire de la novice
Saint Ildefonse, abbé, voulut
Qu'afin de préserver du vice
Les vierges qui font leur salut
Les prieurs la racontassent
Dans tous les couvents réguliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

envoyé par Lucien Lane - 18/5/2013 - 14:58




Langue: italien

Versione italiana di Fausto Amodei
LA LEGGENDA DELLA SUORA

Venite voi gente curiosa
per una nuova storia ancor:
questa è la storia avventurosa
di Doña Padilla del Flor.
La sua terra che vide i mori
nutre cinghiali in libertà.
Attenti che passano i tori:
chi veste in rosso, via di qua!

Ci son ragazze qui a Granada
ed a Siviglia anche ce n'è
che ascoltano ogni serenata
quasi a cantarla fosse un re!
Quindi si intrecciano gli amori
di sera in tutta la città!
Attenti che passano i tori:
chi veste in rosso, via di qua!

Nessuna infamia e nessun dolo
mai su Padilla trapelò
perchè in nessun occhio spagnolo
fuoco più casto mai brillò.
Sotto gli alberi e in mezzo ai fiori
nessuno l'ebbe in potestà.
Attenti che passano i tori:
chi veste in rosso, via di qua!

Lei prese i voti e questa fine
destò il rimpianto pure mio,
quasi che solo alle bruttine
fosse concesso sposar Dio.
Furono pianti e gran dolori
tra maschi di qualunque età.
Attenti che passano i tori:
chi veste in rosso, via di qua!

Fattasi monaca da un mese
l'amore giunse là per là
quando un bandito del paese
venne e le disse "Eccomi qua!".
I banditi son rubacuori
più di certuna nobiltà
Attenti che passano i tori:
chi veste in rosso, via di qua!

Non era bello, questo è vero,
era volgare, anzi che no,
ma l'amore, si sa, è un mistero
e la suora il bandito amò.
C'è chi concede i suoi favori
a ceffi privi di beltà.
Attenti che passano i tori:
chi veste in rosso, via di qua!

A quel bandito che, si dice,
fosse legato a Belzebù
ai piedi di Santa Beatrice
la suora diede un rendez-vous
All'or che i corvi vengon fuori
gracchiando nell'oscurità.
Attenti che passano i tori:
chi veste in rosso, via di qua!

Or quando entrata nella chiesa
la suora il bandito chiamò,
al posto della voce attesa
un grande fulmine scoppiò
Dio volle con questi bagliori
colpire a morte l'empietà.
Attenti che passano i tori:
chi veste in rosso, via di qua!

Questa leggenda che ho narrato
sant'Idelfonso decretò
per preservare dal peccato
chi la sua vita a Dio votò
La raccontassero i priori
in conventi e comunità.
Attenti che passano i tori:
chi veste in rosso, via di qua!

18/5/2013 - 21:36




Langue: italien

Versione italiana di Gianni Murru
LA LEGGENDA DELLA MONACA

Venite, voi il cui occhio sfavilla,
per ascoltare una storia ancor,
avvicinatevi: vi dirò illa
di doña Padilla del Flor.
Lei era d'Alanje, dove s'intassano
le colline con i boschetti. —
Bambini, ecco dei tori che passano,
nascondete i vostri rossi giubbetti!

Ci son ragazze a Granada,
ce ne sono a Siviglia altrettanto,
che, per la minima serenada,
dell'amore si fanno vanto;
ce ne sono che a volte collassano,
la sera, gli audaci cadetti. —
Bambini, ecco dei tori che passano,
nascondete i vostri rossi giubbetti!

Non è su un tono da campagnola
che si deve parlar di Padilla
perché da sempre pupilla spagnola
d'un fuoco più casto non brilla;
lei fuggiva quelli che cacciano
le ragazze sotto gli abeti. —
Bambini, ecco dei tori che passano,
nascondete i vostri rossi giubbetti!

Lei prese il velo a Toledo,
con gran sospiro della gente laggiù,
come se, se non s'è bene in arredo,
s'avesse diritto a sposare Gesù.
Poco è mancato che lacrimavano
i soldati e gli scolaretti. —
Bambini, ecco dei tori che passano,
nascondete i vostri rossi giubbetti!

Ora, la bella appena internata,
Amor del suo cuore prese possesso.
Un fiero brigante della borgata
venne e le disse: Eccomi adesso!
Talvolta i briganti oltrepassano
in audacia i cavalier provetti. —
Bambini, ecco dei tori che passano,
nascondete i vostri rossi giubbetti!

Egli era brutto, i tratti austeri,
le mani più rudi dei guanti;
ma l'amore ha molti misteri,
e la suora amò l'un de' briganti.
Ci son cerbiatte che rimpiazzano
i loro bei cervi coi cinghialetti. —
Bambini, ecco dei tori che passano,
nascondete i vostri rossi giubbetti!

La monaca osò, dice la cronica,
al brigante dall'inferno condotto,
ai piedi di Santa Veronica
fissare un incontro la sera alle otto,
nell'ora in cui i corvi schiamazzano,
volando nell'ombra a stormetti. —
Bambini, ecco dei tori che passano,
nascondete i vostri rossi giubbetti!

Or quando, nella navata discesa,
la monaca chiama la canaglia,
in luogo della voce attesa,
è la folgore che si scaglia.
Dio vuole che i suoi colpi battano
sugli amanti da Satana stretti. —
Bambini, ecco dei tori che passano,
nascondete i vostri rossi giubbetti!

Questo racconto della novizia,
sant'Ildefonso abate ha voluto
che per preservare dal vizio
le vergini che fanno il loro saluto,
le priore lo confessano
in tutti i conventi ortodossi.
Bambini, ecco dei tori che passano
nascondete i vostri giubbetti rossi!

envoyé par gianni murru - 27/2/2015 - 22:03



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